Bruxelles, 21/10/2013 (Agence Europe) - Le gouvernement et la Banque centrale chypriotes ne partagent pas la même appréciation de la durée des mesures de restrictions aux mouvements des capitaux.
S'exprimant lundi 21 octobre devant le parlement, le ministre des Finances, Harris Georgiades, s'est inscrit en faux contre l'estimation faite la veille par le gouverneur de la Banque centrale, Panicos Demetriades. Ces restrictions pourraient encore être maintenues pendant au moins un an, les précédentes prévisions du gouvernement étant « trop ambitieuses », a déclaré celui-ci dans une interview au Financial Times. M. Georgiades a toutefois maintenu les estimations que le gouvernement a faites en septembre, assurant que ces mesures seraient levées « avant l'été » 2014.
Lui aussi devant le parlement chypriote, M. Demetriades a souligné, lundi, l'importance que « l'image que notre pays projette du fonctionnement des institutions soit positive ». Les désaccords entre M. Demetriades et le gouvernement de l'île se déroulent de plus en plus sur la scène publique et ont fait l'objet d'une mise en garde de chacune des institutions de la 'troïka' (Commission, BCE, FMI) sur l'indépendance des banques centrales. Le président chypriote, Nicos Anastasiades, a annoncé vendredi avoir fourni des documents aux autorités compétentes prouvant, selon lui, que M. Demetriades n'était pas à la hauteur de sa tâche (EUROPE 10946). Dans une interview au Financial Times, M. Demetriades a reconnu que la situation actuelle n'était pas « durable » tout en rejetant la possibilité d'une démission. Par ailleurs, il a anticipé de nouvelles pertes pour le secteur bancaire en 2014. Celles-ci seront toutefois « suffisamment couvertes et le secteur va graduellement se stabiliser et récupérer », a-t-il assuré. (EL)