Bruxelles, 02/10/2013 (Agence Europe) - En vue de la prochaine signature de l'accord d'association, la Commission attend de Kiev des clarifications et des solutions sur plusieurs points de friction commerciale.
À la veille d'un très attendu sommet du Partenariat oriental à Vilnius, fin novembre, où l'UE espère signer avec l'Ukraine un accord d'association, la visite de Karel De Gucht à Kiev, le 2 octobre, lui a permis de préparer le sommet et de faire le point avec les autorités ukrainiennes sur les relations commerciales bilatérales. Outre le ministre du Développement économique et du Commerce, Ihor Prasolov, le commissaire a rencontré les dirigeants du pays, incluant son président, Viktor Ianoukovitch et son Premier ministre, Mykola Azarov.
Si les paramètres encore à remplir par Kiev en vue de la signature de l'accord à Vilnius restent politiques (EUROPE 10929), le commissaire De Gucht a rappelé aux autorités ukrainiennes certaines exigences de l'UE en matière de commerce, insistant sur ses griefs concernant tant certaines restrictions aux échanges adoptées par l'Ukraine, que la détérioration du climat d'investissement dans le pays depuis un an.
La Commission a, en particulier, dans le viseur une taxe de recyclage des véhicules importés, adoptée par le parlement ukrainien en juillet, signée par le président ukrainien en août, et entrée en vigueur le 1er septembre. Mercredi, M. De Gucht a exprimé l'espoir que l'Ukraine fera tout son possible pour retirer cette loi, similaire à celle introduite en 2011 par la Russie et qui fait l'objet d'une plainte à l'OMC.
M. De Gucht a aussi fait part de son inquiétude sur plusieurs autres dossiers, comme l'intention de Kiev, exprimée récemment par de hauts responsables, d'offrir des incitatifs financiers pour l'achat de véhicules fabriqués dans le pays, une mesure contraire aux règles de l'OMC, à laquelle l'Ukraine a adhéré en 2008.
Outre l'introduction récente d'une législation imposant des exigences de contenu local dans les équipements utilisés dans le secteur des énergies renouvelables, la Commission a aussi dans le collimateur le contingent d'importation de charbon à coke instauré par l'Ukraine, une restriction quantitative qui a remplacé une interdiction, mais dont la taille est jugée trop faible par Bruxelles.
Enfin, l'UE reste inquiète devant la volonté persistante de l'Ukraine de renégocier certaines de ses concessions tarifaires à l'OMC afin de revoir à la hausse ses droits d'importation pour des centaines de produits (EUROPE 10757, 10742 et 10703). (EH)