Bruxelles, 02/10/2013 (Agence Europe) - Près d'1,9 milliard d'euros dépensés par l'UE entre 2003 et 2011 pour soutenir la gouvernance en République démocratique du Congo (RDC) avec l'obtention des résultats escomptés pour la moitié seulement des programmes financés avec les deniers européens: le rapport très critique de la Cour des comptes concluant à l'efficacité limitée de cette aide (EUROPE 10933) a suscité, mercredi 2 octobre, une vive réaction au Parlement européen, contrastant avec celle plus mesurée d'Andris Piebalgs, commissaire européen au Développement, soucieux de replacer les critiques dans le contexte difficile de la RDC et dans le tempo de la coopération au développement.
L'eurodéputée Marta Andreasen (CRE, Royaume-Uni), ancien contrôleur en chef pour l'exécution du budget de l'UE, a vilipendé le gaspillage de millions d'euros. « À chaque fois qu'un projet de financement de l'UE est audité, c'est toujours la même histoire. La Commission européenne ne garantit pas que près de 2 milliards d'euros provenant de la poche des contribuables soient correctement dépensés », s'indigne-telle. Et d'ajouter: « Quand la Commission européenne va-t-elle se réveiller et traiter avec respect l'argent qui lui est confié ? ». C'est, selon elle, la question qui s'impose et qu'il faut poser.
La Commission européenne a pris bonne note des recommandations formulées, assure le commissaire au Développement, mais il convient, selon lui, de relativiser les critiques,
« La Cour a reconnu que les 'graves obstacles' que nous rencontrons en nous efforçant d'améliorer la gouvernance dans le pays et ces défis doivent être pris en considération dans l'examen de nos réalisations. Je suis convaincu que la coopération au développement a un impact positif sur le secteur de la gouvernance en RDC. N'oublions pas que jusqu'à 2003, le pays n'avait pas d'administration en état de fonctionnement et que le travail de l'UE et de ses partenaires est, à bien des égards, parti de zéro », souligne-t-il sur son blog.
Andris Piebalgs fait observer que certains projets examinés par la Cour des comptes sont en cours de mise en œuvre et juge « prématuré, à ce stade, de tirer des conclusions sur leurs résultats », et que la réforme de la police congolaise est l'un des succès à porter au bilan de l'aide européenne. « Il y a quelques années, on ne disposait d'aucune information sur le nombre de policiers recrutés, leur rang ou leurs activités. L'UE a appuyé un recensement national des forces de police et l'établissement d'une banque de données, ce qui a permis au gouvernement d'élaborer une stratégie de gestion des ressources humaines qui contribuera grandement à améliorer le fonctionnement général de la police. » (AN)