Bruxelles, 09/07/2013 (Agence Europe) - Près de 850 experts gouvernementaux et de la société civile euroméditerranéenne ont été interrogés sur la situation en devenir dans la région.
L'UE est perçue comme ayant un fort potentiel d'influence et sa coopération peut contribuer à la démocratisation des pays de la rive sud. En fait, selon les coordinateurs de l'étude, élaborée sous l'égide de l'IEMED (Institut catalan pour la Méditerranée, dont les travaux sont financés par l'UE), les experts interrogés estiment que l'UE peut jouer un rôle actif. Ils seraient toutefois « sceptiques quant à sa capacité à résoudre les conflits et ils croient que les États-Unis et l'Arabie saoudite sont plus influents » dans une région où ils s'attendent à une présence accrue de partis se réclamant de l'islam. Cet avis serait plus le fait d'experts européens que de la rive sud. « Dans le domaine économique, les résultats de l'enquête suggèrent un rôle prévisible plus fort pour les pays du Golfe et la Chine et un rôle plus important pour les États-Unis comme partenaire économique ». En revanche, « le renforcement des institutions d'intégration régionale dans les pays arabes est considéré comme improbable ».
La situation nouvelle en Égypte aura un effet sur la région dans son ensemble. Elle sera « un facteur déterminant dans la définition géopolitique de la Méditerranée méridionale et orientale », affirment les experts. Par pays, ils estiment que la Tunisie est celui qui a « le plus de possibilités de consolidation d'une démocratie durable, suivi par le Liban et le Maroc ». Leurs prévisions « les plus pessimistes » concernent la Syrie et la Libye.
Des risques de conflits existent selon des « scénarios à moyen et à long termes » et « les plus probables » résulteraient de « pénurie d'eau et des migrations » forcées. « La pression démographique et le chômage dans les pays partenaires méditerranéens pourraient créer des tensions sociales. » Dans leurs prévisions aussi, la « régression dans le rôle des femmes ». (FB)