Bruxelles, 09/07/2013 (Agence Europe) - Les ministres des Finances de la zone euro sont parvenus lundi 8 juillet à un accord politique de principe sur le versement de la prochaine tranche d'aide à la Grèce, qui se fera sans surprise au compte-gouttes et suivant le respect strict par le pays des conditions qui y sont adossées. La Grèce devrait recevoir un total de 6,8 milliards d'euros d'ici l'automne, dont 5,8 avant le mois de septembre.
Trois milliards d'euros de l'eurozone, prévus selon le calendrier du programme, seront versés en deux temps. 2,5 milliards devraient être décaissés d'ici la fin du mois du juillet, sous réserve que toutes les actions préalables soient mises en œuvre par la Grèce d'ici le 19 du mois et que les parlements nationaux qui le requièrent y aient donné leur feu vert. Le groupe de travail sur l'euro sera alors chargé de faire des recommandations au Fonds européen de stabilité financière (FESF). D'ici là, « davantage de travail est nécessaire pour mettre pleinement en œuvre » les mesures concernées, selon le chef de file de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, avec une emphase sur la réforme de l'administration publique grecque et l'amélioration de la collecte des impôts. Une seconde sous-tranche de 500 millions d'euros du FESF devrait alors être décaissée en octobre et conditionnée à la mise en œuvre de jalons spécifiques du protocole d'accord.
De son côté, le conseil d'administration du FMI examinera le rapport de suivi de la 'troïka' (Commission européenne, BCE, FMI) et devrait donner son feu vert au versement d'1,8 milliard d'euros. Une décision qui devrait passer sans encombre, selon la directrice générale de l'institution de Washington, Christine Lagarde.
Enfin, selon les accords passés en novembre 2012, les banques centrales de l'eurosystème (à l'exception de celles des pays sous assistance financière sous certaines conditions) rétrocéderont une partie des profits engendrés dans le cadre du programme 'SMP'. Le versement d'1,5 milliard aura lieu en même temps que celui du FESF en juillet, et 500 millions transiteront en octobre, sur un compte séparé qui ne sert qu'à rembourser la dette.
« Les efforts méritaient que l'on fasse confiance à la Grèce, et en même temps, ce n'est pas aveugle, on souhaite que les mesures nécessaires soient prises », a expliqué le ministre français de l'Économie, Pierre Moscovici. Saluant les progrès effectués, le commissaire chargé de l'euro, Olli Rehn, a toutefois estimé qu'il était temps « d'accélérer la dynamique des réformes en Grèce ». Et de souligner que les récentes turbulences politiques avaient coûté du temps au programme, les autorités grecques ayant en effet bouclé un accord au finish avec la 'troïka' dimanche matin, évitant de justesse le gel des versements pour trois mois.
Exit, donc, la somme de 8,2 milliards d'euros dont la presse grecque faisait état depuis des semaines. Interrogée à l'époque, une source européenne avait déclaré qu'il s'agissait de pure spéculation. Selon Reuters, qui cite un responsable du ministère grec des Finances, cette somme était espérée par la Grèce, qui est tout de même satisfaite de l'accord intervenu lundi soir. Pierre Moscovici a démenti la rumeur selon laquelle l'octroi d'1,8 milliard d'euros supplémentaire aurait été discuté. Selon la presse grecque, cette somme aurait bien fait l'objet de débats, mais aurait été refusée par l'Allemagne. Le ministre grec des Finances, Yannis Stournaras, a relativisé, à son départ de l'Eurogroupe, en soulignant que le besoin en financement des deux derniers mois de 2013 était « trivial ». Dans la seconde moitié de 2014, le vent devrait toutefois tourner, le FMI a prévu un trou dans le financement de 4 milliards d'euros. « Je ne vois pas de trou de financement dans un futur proche », s'est rassuré M. Dijsselbloem, ajoutant que si trou il y avait, ce serait fin 2014, ce qui laisse « beaucoup de temps pour traiter cela ». La question devrait être soulevée bien plus tôt que cela par le FMI, qui selon ses règles a besoin de visibilité dans le financement sur un an. Mme Lagarde a rappelé « l'engagement sérieux » pris par les Européens en ce sens et a expliqué que le FMI appliquerait ce principe à la lumière des engagements de la Grèce et de ses partenaires. (EL)