Bruxelles, 09/08/2013 (Agence Europe) - Un fonctionnaire européen a souligné, le 9 juillet, l'importance d'inclure les Frères musulmans dans le processus du dialogue politique. « Le dialogue politique, s'il n'est pas inclusif, si les Frères musulmans n'en font pas partie, ne fonctionnera pas », a-t-il indiqué, précisant que le parti des Frères musulmans est un, sinon le premier parti du pays et appelant à ce que le parti ne soit pas criminalisé. La veille, une source égyptienne a précisé à EUROPE qu'aucun processus ne sera réussi sans leur participation. Et alors que cette source soulignait que la feuille de route a été élaborée avec de nombreuses forces politiques et autorités religieuses, pour le fonctionnaire européen, « aucune feuille de route militaire n'est acceptable ». « Le fait que l'armée prenne des décisions sur l'avenir politique n'est pas acceptable. (…) Le processus doit être entre les mains de tous les partis politiques. (…) Seule une feuille de route acceptée par tous les partis sera crédible pour une transition complète et la démocratie », a-t-il expliqué.
Avant de pouvoir mettre en place le dialogue politique, le fonctionnaire européen a précisé que les violences doivent cesser. « Il faut travailler pour surmonter la violence (…) quand la situation sera dépassée, il sera possible de travailler à un dialogue politique », a-t-il ajouté.
L'officiel européen a expliqué qu'il faut aussi travailler sur la région, où les problèmes égyptiens ont une influence, tels la Libye. Sans oublier les graves problèmes économiques du pays auxquels il faut s'attaquer de façon urgente car ils peuvent avoir un impact négatif sur le processus, a-t-il ajouté.
Ashton appelle au calme et à la réconciliation
La veille, dans la soirée, la Haute représentante, Catherine Ashton, a appelé toutes les parties, « mais surtout la présidence intérimaire et ceux en position d'autorité et d'influence », « à tendre la main à toutes les forces politiques, et à se déplacer rapidement vers la réconciliation ». « Tous ceux qui prétendent à la légitimité doivent agir de façon responsable pour le bien du pays et éviter toute provocation ou l'escalade de la violence », a ajouté son porte-parole, alors que plus de 50 manifestants pro-Morsi auraient été tués dans des affrontements avec les forces de l'ordre au siège de la Garde républicaine.
La Haute représentante note qu'une enquête a été mise en place sur ces « événements tragiques » et espère que « l'enquête sera menée rapidement, d'une manière approfondie et impartiale », a expliqué son porte-parole, dans un communiqué. Il a précisé qu'elle réitère « dans les termes les plus forts possibles son appel à la plus grande retenue et à la fin immédiate de la violence ». « Le dialogue et l'inclusivité sont la seule voie à suivre pour rétablir rapidement un cadre civil et démocratique », a-t-il ajouté.
Par ailleurs, le 9 juillet, l'économiste Hazem al-Beblawi, un ancien ministre des Finances, a été nommé Premier ministre d'Égypte et Mohamed El Baradei, vice-président en charge des relations internationales. Le président par intérim a aussi annoncé que les élections législatives devraient avoir lieu avant 2014. (CG)