Bruxelles, 03/07/2013 (Agence Europe) - La lecture du message politique sur le problème des banques trop grosses ou trop interconnectées pour faire faillite qu'envoie le rapport 'McCarthy' diffère selon les groupes politiques (EUROPE n° 10879). Le Parlement européen envoie « un signal clair » à la Commission européenne pour qu'elle propose en octobre une réforme « réelle » et « forte » de la structure des banques européennes qui permette de séparer les services bancaires « essentiels à l'économie réelle » des activités de marché et d'investissement « excessivement risquées », a déclaré Arlene McCarthy (S&D, Royaume-Uni), dans un communiqué. « Le contribuable ne peut pas continuer à être le prêteur en dernier ressort » en cas de défaillance bancaire, a-t-elle ajouté, évoquant l'extrême défiance des citoyens envers l'industrie financière.
Au nom des Verts, le Belge Philippe Lamberts, a critiqué « la droite européenne, très sensible aux sirènes de l'industrie financière », qui aurait « fortement affaibli » le rapport. Notamment, la formulation relative à la nécessité d'une séparation entre activités bancaires essentielles pour les ménages et les entreprises (activités de dépôt et de crédit) et activités orientées vers les marchés financiers demeure « relativement vague, voire ambiguë ». « Aucune référence n'est faite à la nécessité d'établir des entités légalement séparées » et « les pare-feux envisagés pour limiter les risques de contagion intra-groupe sont insuffisants », a-t-il ajouté.
Côté PPE, la Néerlandaise Corien Wortmann-Kool a souligné l'importance de préserver « le modèle bancaire universel » à travers lequel les banques européennes offrent une vaste gamme de services. « Séparer simplement les banques en entités de dépôts et d'affaires n'empêchera pas la prochaine crise financière d'éclater » et limitera plutôt la capacité des banques universelles à financer l'économie, a-t-elle estimé. (MB)