Bruxelles, 03/07/2013 (Agence Europe) - Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, qui se rend vendredi 5 et samedi 6 juillet à Alger (EUROPE n° 10879) y signera le protocole d'accord sur l'énergie (« Memorandum of Understanding in energy field »), formellement approuvé par le Conseil de l'UE, le 7 juin dernier (EUROPE n° 10863). Le but global de cette visite, la première pour M. Barroso en tant que président de la Commission, est « d'intensifier » la coopération avec l'Algérie, énergétique, économique, technique et financière.
Ce pays a levé depuis près de deux ans une bonne part de ses réserves anciennes concernant la coopération avec l'UE. Il s'est engagé, depuis, dans l'élaboration, d'ici la fin de l'année, d'un « plan d'action » au titre de la politique de voisinage et dans la mise en œuvre d'une politique de mise à niveau de son administration comme de son économie et de ses entreprises pour faire face à la concurrence. Le principal souci serait d'accroître la capacité attractive de l'investissement étranger, lequel est perçu comme hésitant, notamment dans le secteur de l'énergie. Aux freins bureaucratiques et législatifs (comme la règle des 49/51 qui impose une prise de participation majoritaire de locaux dans tout projet) s'ajoutent les craintes de menaces sécuritaires dans un pays qui a récemment vécu une alerte sérieuse sur un de ses principaux champs de production de gaz (à In Amenas).
L'Algérie, par diverses voix, affirme sa volonté de rompre avec les pratiques du passé, s'ouvre à l'UE comme elle s'engage un peu plus dans le champ de la coopération euro-méditerranéenne, intéressée par la mise en place de programmes de formation et l'assistance en experts. L'argent n'est pas le problème, affirme un responsable algérien.
L'Algérie attend en particulier du « plan stratégique », tel que nommé à Alger, le développement de la production d'électricité d'origine solaire et des énergies renouvelables en général. Un débat y a cours sur le développement ou non de l'extraction de gaz de schiste. Le souci, pour les Algériens comme pour les Marocains qui ont installé la plus grande installation de production à Ouarzazate, est d'avoir la garantie d'accès au marché européen de l'électricité. Celui-ci ne leur semble pas, en l'état, prometteur vu la faiblesse des interconnexions électriques entre États membres et la faible rémunération de « l'électricité verte ». Pour ces mêmes raisons, le consortium Desertec (Dii) a annoncé son renoncement au projet d'exportation vers le marché de l'UE d'une électricité solaire produite dans la zone nord-africaine. (FB)