Bruxelles, 03/07/2013 (Agence Europe) - Le Parlement européen a officiellement remis en mains propres, mercredi 3 juillet, le Prix Sakharov 2010 au dissident cubain Guillermo Fariñas.
Le vice-président du Parlement européen, Gianni Pittella (S&D, Italie) a rendu hommage à ce « combattant de la liberté », dont les « convictions fortes et l'activité politique » lui ont coûté plus de 11 ans de prison et 23 grèves de la faim. « Il y a des hommes qui écrivent l'histoire, des hommes qui lisent l'histoire et des hommes qui font l'histoire », a-t-il rappelé, citant Martin Luther King. Et de lancer à M. Fariñas: « Par ton exemple, tu fais l'histoire de ce droit inaliénable au respect de la dignité et de la liberté. »
« Ce poing levé représente la force de l'espoir de la démocratie qui arrivera un jour à Cuba », a souligné M. Fariñas. « Cuba sera libre par la volonté de ses citoyens », a-t-il aussi expliqué. Il a précisé que ses grèves de la faim ont permis la libération de 140 prisonniers politiques.
Selon le dissident, « tous les Cubains sont soumis à l'arbitraire d'un gouvernement qui considère la déclaration des droits de l'homme comme une propagande ennemie ». Il a énuméré les arrestations, les menaces, les coups et les emprisonnements qui se poursuivent. M. Pittella a rappelé qu'en 2012 plus de 6 600 personnes ont été arrêtées arbitrairement, soit une hausse de 50% par rapport à 2011. « Nous avons mis notre vie en jeu pour cette cause et nous n'hésiterons pas à le refaire car ce qui est en jeu ce n'est pas une simple équation politique ou économique mais la coexistence humaine, la liberté », a expliqué M. Fariñas.
Le Bélarus, une honte pour l'Europe
M. Fariñas a aussi rappelé qu'une dictature existait toujours en Europe: la Biélorussie. « Il y a encore une honte en Europe, c'est la Biélorussie », a-t-il affirmé, sous les applaudissements des députés européens. « Je demande de l'aide, la solidarité de la Communauté internationale pour ces êtres humains qui se heurtent à la dernière dictature communiste de ce continent », a-t-il ajouté. « J'ai entendu parler de la real politique mais la politique la plus réelle, au sens de plus authentique, c'est l'être humain comme objet et sujet de toute ordre social. Si ce n'est pas possible de s'exprimer librement, si les droits des individus ne sont pas au dessus du reste alors cet exercice n'est ni réel, ni de la politique », a-t-il commenté. (CG)