Bruxelles, 03/07/2013 (Agence Europe) - La présidente Dalia Grybauskaité a présenté, le 3 juillet, le programme de la présidence lituanienne de l'UE au Parlement européen, soulignant que son pays est prêt pour « dégager un consensus européen pour un avenir plus fort, plus uni ». En fin de législature, « nous aurons en charge un travail exceptionnel (…) avec beaucoup de décisions (à prendre) en un temps très bref (…) Retarder les décisions serait un échec de la part du leadership », a-t-elle indiqué. Si la présidence va devoir travailler aux textes législatifs liés au cadre financier pluriannuel, elle souhaite aussi montrer que « l'UE est crédible, en croissance et ouverte » (les thèmes forts de la présidence).
Pour Mme Grybauskaité, « restaurer la crédibilité de l'UE est la première étape pour améliorer l'économie européenne ». Elle a mis en avant la nécessité de mettre en œuvre les mesures déjà prises, de trouver le moyen de travailler ensemble « notamment en coordonnant davantage les politiques budgétaires ». Il faut poursuivre la construction d'une vraie union économique et monétaire, mettre en place une union bancaire fonctionnelle, et avancer autant que possible sur un mécanisme de résolution unique, a-t-elle précisé. Le président du S&D, l'Autrichien Hannes Swoboda, a demandé à « aller moins vite et à faire davantage pour soutenir la croissance ». « Il faut une union économique qui combine consolidation budgétaire, croissance et dimension sociale », a-t-il ajouté. Une dimension sociale également soulignée par Gabriele Zimmer (GUE/NGL, Allemagne).
Pour regagner la confiance, il faut aussi une croissance durable, selon la présidente lituanienne. La Lituanie « va consacrer tous ses efforts » à l'emploi, en particulier des jeunes, une priorité aussi soulevée par la Britannique Jill Evans (Verts/ALE) qui veut un suivi des mesures prises. Pour la présidente lituanienne, « la clé est le marché des services communs », dont la directive services, un cadre pour les travailleurs transfrontaliers, une politique climatique avec une évaluation prudente sur la compétitivité et l'industrie. « Un marché intérieur qui fonctionne mieux fera plus de croissance », a-t-elle ajouté, soulignant que Vilnius compte mener à bien les initiatives de l'Acte pour le marché unique I et progresser dans le II, mais aussi sur l'agenda numérique.
Il « manque un marché intérieur dans l'énergie », a ajouté la présidente dont l'énergie est une des priorités. Elle « s'efforcera d'accélérer les travaux dans ces domaines, nous suivrons la mise en œuvre des mesures adoptées et (…) nous sommes convaincus qu'il faut mobiliser plus d'argent pour des infrastructures modernes ». « Il faut améliorer le réseau énergétique européen mais cela ne se fera pas sans l'Europe (…). Nous espérons que la présidence sera une étape décisive dans la création d'une véritable communauté européenne de l'énergie », a souligné le président du PPE, le Français Joseph Daul.
Pour l'ADLE, la Suédoise Cecilia Wikstrom considère qu' il est important d'obtenir des résultats sur des propositions concernant le travail et l'immigration légale. La présidence est aussi une « occasion en or pour simplifier la compétitivité et la gestion au quotidien des petites et moyennes entreprises », a-t-elle ajouté.
Avec en vue une « Europe ouverte », la présidente lituanienne s'efforcera de travailler sur les accords de libre-échange entre autres avec le Japon, les États-Unis et les voisins méditerranéens. Vilnius veut aussi renforcer les liens avec les pays du Partenariat oriental. De nombreux députés européens ont aussi souligné l'importance de ce partenariat.
Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a aussi insisté sur la lutte contre l'évasion fiscale, la santé avec la directive tabac, les nouvelles règles de protection des données. Il veut aussi que la présidence traite de « manière prioritaire » la question du statut renforcé pour les partis politiques européens avant les élections européennes. (CG)