Berlin, 03/07/2013 (Agence Europe) - Les dirigeants européens ont une nouvelle fois enfoncé le clou pour clamer leur détermination à lutter ensemble contre le chômage des jeunes. La chancelière allemande, Angela Merkel, a orchestré une journée de travail partagée entre une réunion des chefs des services européens de l'emploi, un échange de bonnes pratiques des 28 ministres européens de l'Emploi, et une discussion entre une vingtaine de chefs d'État sur cette base. À l'issue de cette grand-messe, une déclaration a repris les engagements à court et à long termes de tous les acteurs (services publics de l'emploi, partenaires sociaux, ministres de l'Emploi, Commission européenne, Banque européenne d'investissement). En toile de fond, il s'agit d'utiliser au mieux les 8 milliards d'euros prévus par la garantie pour la jeunesse dans les deux prochaines années (comme acquis à l'issue du dernier Sommet européen fin juin).
« Nous nous sommes concentrés sur quel argent et quelles mesures sont à mettre en œuvre pour que les choses avancent et que les jeunes aient plus de chances de trouver du travail », a déclaré après la conférence au sommet la chancelière allemande. Pour cela, les dirigeants européens se sont basés sur « l'évaluation de ce qui marche, pour que cela puisse être généralisé à l'ensemble des pays », a indiqué pour sa part le président français, François Hollande.
La feuille de route indique la volonté des États membres de travailler en plus étroite collaboration. Il y est recommandé aux ministres de l'Emploi de procéder à des réformes structurelles des services de l'emploi, de développer des systèmes de formation orientés vers les entreprises (rapport intermédiaire en novembre), et d'avoir recours à la 'Garantie jeunesse' pour subsidier les salaires et favoriser l'entrée sur le marché de l'emploi. Autre dimension importante, celle de l'accès au crédit pour les PME et la création d'entreprises. Pour cela il faut« bien mobiliser les crédits et les prêts de la BEI », a insisté le président français.
La Commission devrait promouvoir encore la mobilité des travailleurs, via le portail EURES, le lancement de l'Alliance européenne pour l'apprentissage, la mise en œuvre d'« Erasmus + » dès janvier 2014.
François Hollande a d'ores et déjà indiqué que son pays se portait candidat à l'organisation d'une réunion de suivi à la fin de l'année. « Il ne s'agira pas d'une nouvelle évocation de ce qui peut être fait mais de ce que nous avons déjà fait et de ce que nous allons faire, ce qui nous taraude pour faire avancer la jeunesse. C'est une obligation nationale et européenne », a-t-il expliqué, alors que les critiques vont bon train à l'encontre de ces « shows intergouvernementaux » et leurs accents électoralistes.
Pour le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, il est en effet question de « maintenir ce dynamisme et cet élan car maintenant il s'agit d'une traduction dans les faits ». Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a pour sa part insisté sur le fait que les « politiques sociales de l'emploi restent de la compétence des nations » et qu'il faut bel et bien transposer ces décisions au niveau national, ajoutant aussi qu'il faut « des mesures d'urgence à cout terme », sans « attendre que la croissance crée de l'emploi ». (MD)