Bruxelles, 19/06/2013 (Agence Europe) - La Commission européenne a adopté, mercredi 19 juin, trois contributions dans la perspective du prochain Conseil européen, prévu les 27 et 28 juin. Elles portent sur la lutte contre le chômage des jeunes, l'examen du pacte pour la croissance et l'emploi et le renforcement de l'activité de prêt à l'économie.
La Commission européenne a demandé mercredi aux États membres de l'UE une « nouvelle impulsion » pour la croissance et l'emploi des jeunes. Elle propose notamment que les six milliards d'euros prévus pour l'Initiative pour l'emploi des jeunes dans le cadre du budget européen 2014-2020 soient mobilisés sur deux ans et non pas sur sept ans. Elle demande aussi aux États membres dont certaines régions enregistrent un taux de chômage des jeunes supérieur à 25% de présenter d'ici le mois d'octobre un plan de mise en œuvre de la 'Garantie pour la jeunesse'.
Actuellement, près de 6 millions de personnes âgées de moins de 25 ans sont sans emploi en Europe. Le taux de chômage des jeunes en Europe s'est établi à 23,5% au premier trimestre de 2013, ce qui équivaut au double du taux, déjà très élevé, enregistré pour l'ensemble de la population. Dans certains pays, plus de la moitié des jeunes souhaitant travailler sont au chômage. La Commission a proposé une série de mesures dans le cadre du paquet « emploi des jeunes » présenté en décembre 2012. En mars 2013, elle a présenté l'initiative pour l'emploi des jeunes (IEJ), dotée de 6 milliards d'euros. La Commission européenne demande au Conseil européen de juin de soutenir ces mesures et appelle à leur mise en œuvre.
Garantie pour la jeunesse. La Commission demande au Conseil d'adopter les recommandations par pays proposées qui sont en lien avec la garantie pour la jeunesse et, plus généralement, avec l'emploi des jeunes. Elle demande aux États membres dont certaines régions enregistrent un taux de chômage des jeunes supérieur à 25% de présenter un plan de mise en œuvre de la garantie pour la jeunesse d'ici le mois d'octobre 2013. Les autres États membres sont encouragés à présenter des plans similaires d'ici au printemps 2014.
Activer le Fonds social européen au profit des jeunes. La Commission appelle le Parlement européen et le Conseil à adopter rapidement le cadre financier pluriannuel et les nouveaux règlements relatifs aux FSIE (les Fonds structurels et d'investissement européens), qui devraient garantir l'affectation d'une part minimale de 25% du financement de la politique de cohésion (au moins 80 milliards d'euros) au Fonds social européen.
Initiative pour l'emploi des jeunes. Le Conseil européen a approuvé, en février dernier, la création d'une initiative pour l'emploi des jeunes (IEJ), qui sera financée par un montant de 6 milliards d'euros au titre du budget de l'UE. Cette initiative sera axée sur les jeunes de 15 à 24 ans qui ne font pas d'études, ne travaillent pas et ne suivent pas de formation, et complétera l'appui du FSE à la mise en œuvre de la garantie pour la jeunesse. La Commission a présenté les propositions en mars 2013.
La Commission a proposé de concentrer l'aide de l'IEJ sur les régions confrontées à un taux de chômage des jeunes supérieur à 25% et, dans ces régions, sur les jeunes (qui ne font pas d'études, ne travaillent pas et ne suivent pas de formation) âgés de 15 à 24 ans. Il convient de maintenir ces critères, insiste la Commission: « tout abaissement du seuil de 25% se solderait par un saupoudrage des fonds, au détriment des régions ayant le plus besoin d'aide ».
Pour s'assurer que les crédits de l'IEJ puissent être octroyés rapidement dès l'adoption du cadre législatif, la Commission propose d'adapter le profil du prochain CFP (cadre financier pluriannuel) de manière à libérer l'intégralité des 6 milliards d'engagements au cours des deux premières années du prochain CFP, soit 2014 et 2015.
Rapport conjoint Commission/BEI. Une contribution de ces deux institutions concerne la mise en œuvre de la hausse (de 10 milliards d'euros) du capital de la BEI. Le rapport présente trois options pour aider les PME à obtenir l'accès aux financements et à embaucher des jeunes dans un avenir proche. Les banques ont pu rétablir leurs comptes, soutenir l'économie immédiate, « mais pas assez de notre point de vue », a expliqué la Commission. Les PME ont des difficultés à obtenir des financements alors que les taux d'intérêt sont historiquement bas. Il fallait donc prendre une initiative très concrète: la Commission va prêter de l'argent à la BEI via ses fonds structurels et garantir le risque. En retour, il faut que la BEI puisse prêter plus facilement aux banques en assumant le risque des banques, à condition que l'argent prêté aux banques serve à prêter aux PME. Cet instrument permettra non pas de rétablir les comptes des banques mais de prêter de l'argent aux banques pour qu'elles puissent prêter aux PME innovantes et qui favorisent l'emploi des jeunes. La Commission invitera le Conseil européen à adopter une approche ambitieuse sur cette question.
La Commission rappelle qu'elle a mobilisé 55 milliards d'euros des fonds structurels pour la croissance et l'emploi. Dès l'année dernière, « l'ensemble de cette somme a été mobilisée et 39 milliards sont disponibles dans les pays de l'UE pour financer l'économie réelle », a expliqué un porte-parole. Les 16 milliards qui restent correspondent à l'argent mis à disposition des pays pour lutter contre le chômage des jeunes. « Les 55 milliards se trouvent dans les États membres. C'est donc à eux de les mobiliser », lance la Commission. (LC)