Bruxelles, 19/06/2013 (Agence Europe) - Les pays membres du G8 ont réussi à se mettre d'accord, le 18 juin, sur une déclaration sur la Syrie, une déclaration a minima, qui reflète les divergences profondes et les discussions tendues entre la Russie et ses partenaires. Dans leur communiqué, les chefs d'État et de gouvernement du Royaume-Uni, de la France, de l'Allemagne, de l'Italie, de la Russie, des États-Unis, du Japon et du Canada soulignent qu'ils sont « déterminés à travailler ensemble pour arrêter l'effusion de sang et la perte de vies en Syrie et soutenir le peuple syrien à établir la paix et la stabilité par des moyens politiques ». Ainsi, les dirigeants appuient « fermement » la décision de tenir « dès que possible » la Conférence de Genève sur la Syrie pour mettre pleinement en œuvre le communiqué de Genève du 30 juin 2012 « qui énonce un certain nombre d'étapes clés commençant par un accord sur un organe de transition avec les pleins pouvoirs exécutifs, formé d'un commun consentement ». La déclaration ne comporte pas de mention au sort de Bachar el Assad car la Russie l'a refusé.
« Les deux parties à la Conférence doivent s'engager sérieusement et de manière constructive », appelle aussi le G8, précisant qu'elles devraient être pleinement représentatives du peuple syrien. « Nous allons nous engager activement avec les parties afin de parvenir à des résultats positifs », ajoutent les dirigeants.
Ils condamnent aussi « dans les termes les plus forts possibles toutes les violations des droits de l'homme et les abus en Syrie, commis par quiconque, y compris des attaques indiscriminées contre les civils. Nous appelons toutes les parties à respecter le droit humanitaire international et les droits humains, en notant en particulier la responsabilité des autorités syriennes » à cet égard.
Les dirigeants font aussi part de leur profonde préoccupation concernant la menace croissante du terrorisme et de l'extrémisme en Syrie, et de la nature de plus en plus sectaire du conflit. « Nous appelons les autorités syriennes et l'opposition à s'engager conjointement à la Conférence de Genève à détruire et expulser de la Syrie toutes les organisations et individus affiliés à Al-Qaïda, et tous les autres acteurs liés au terrorisme », expliquent les dirigeants. Ils condamnent aussi toute utilisation d'armes chimiques en Syrie et appellent toutes les parties au conflit à permettre l'accès à l'équipe d'enquête de l'ONU.
Reconnaissant le rôle humanitaire « essentiel » des pays voisins accueillant les réfugiés syriens, les dirigeants du G8 ont annoncé des contributions supplémentaires de près de 1,5 milliard de dollars pour répondre aux besoins humanitaires en Syrie et ses voisins et appelé les autres pays et organisations à prendre des engagements similaires. « Nous appelons à ce qu'un accès immédiat soit accordé aux agence d'aide pour fournir une assistance humanitaire à tous les civils dans le besoin. »
La Russie s'oppose aussi à la mise en place d'une zone d'exclusion aérienne.
Bachar el Assad menace l'Europe si elle livre des armes. Par ailleurs, dans une interview publiée le 18 juin dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ), le président syrien Bachar el Assad a souligné que « si les Européens livrent des armes, l'arrière-cour de l'Europe deviendra (un terrain) pour le terrorisme et l'Europe en paiera le prix ». « La conséquence de livraisons d'armes serait une exportation directe du terrorisme en Europe (…) Des terroristes reviendront (en Europe) avec une expérience du combat et une idéologie extrémiste », a-t-il averti. Il a aussi rejeté les accusations d'usage d'armes chimiques, précisant que si la France, le Royaume-Uni et les États-Unis avaient « une seule preuve de leurs allégations, ils les auraient présentées au monde ». Pour lui, Londres et Paris cherchent à faire prévaloir leurs intérêts. « Nous avons toujours été indépendants et libres. La France et la Grande-Bretagne sont historiquement des puissances coloniales. Elles ne l'ont vraisemblablement pas oublié », a-t-il ajouté. (CG)