Bruxelles, 19/06/2013 (Agence Europe) - S'adapter au changement climatique est une urgence incontournable, et même si les mesures à prendre sont une prérogative des États membres - et des autorités locales au premier chef, les ministres de l'Environnement des 27 sont favorables à l'établissement d'un cadre pour une stratégie d'adaptation européenne au changement climatique et de mécanismes capables d'aider l'UE à renforcer, au moindre coût, sa résilience au réchauffement déjà à l'œuvre dans toute l'Europe. La multiplication de phénomènes météorologiques extrêmes, ces dernières années, et actuellement en cours, en témoigne. Les conclusions adoptées mardi 18 juin à Luxembourg par le Conseil Environnement saluent la communication présentée par la Commission européenne le 17 avril dernier pour jeter les bases d'une future stratégie de l'UE en la matière, et consignent par écrit les préconisations oralement formulées à Dublin par les ministres des 27 lors d'une session ministérielle informelle (22-23 avril derniers). L'intégration de l'adaptation dans toutes les politiques pertinentes de l'UE et dans toutes les propositions d'action de l'UE - en particulier dans la politique agricole commune, la politique de cohésion et la politique commune de la pêche - est le maître mot de ces conclusions et un appel lancé à la Commission européenne.
Cette avancée est à porter au bilan de la présidence irlandaise sortante. Phil Hogan le ministre irlandais de l'Environnement, de la collectivité et de l'administration locale s'est réjoui de « l'étape positive franchie par les ministres vers une politique du climat de l'UE mettant en exergue une réponse progressive et cohérente à l'adaptation, à l'échelle européenne et à travers les États membres ».
Encourager des infrastructures plus résilientes, examiner s'il convient d'élaborer des orientations supplémentaires pour guider des approches de l'adaptation fondées sur les écosystèmes et explorer le potentiel qu'offrent les assurances et d'autres produits financiers pour garantir des investissements résilients de la part des entreprises sont les autres demandes faites à la Commission européenne.
Le Conseil souligne la nécessité de changer de braquet dans l'action « à tous les niveaux et par tous les acteurs pertinents » pour relever le plus efficacement possible le défi de l'adapatation. Les impacts des changements climatiques - inondations, sécheresses, vagues de chaleur, élévation du niveau des mers, érosion - pouvant varier considérablement d'une région ou d'une localité européenne à l'autre, la plupart des mesures d'adaptation devront être prises au niveau national, régional et local ainsi qu'au niveau transfrontalier, se fonder sur les meilleures connaissances et pratiques disponibles et prendre en compte les conditions particulières propres à chaque État membre. Pour autant, le Conseil souligne combien il importe d'intégrer les préoccupations liées à l'adaptation dans toutes les politiques pertinentes à toutes les niveaux (européen, national, régional et local) dans le respect du principe de subsidiarité.
Il salue les initiatives visant à intégrer l'adaptation dans l'agriculture, la foresterie, la planification des aménagements maritimes et la gestion intégrée des zones côtières, dans le secteur de l'énergie, la prévention et la gestion des risques, les transports, la recherche, la santé et l'environnement, et demande à la Commission européenne de poursuivre dans cette voie. Il salue aussi l'intention de la Commission de soutenir l'adaptation dans les municipalités en s'inspirant de l'initiative de la Convention des Maires. L'adaptation est un complément indispensable à l'effort ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre, requis par la communauté internationale, pour atteindre l'objectif de maintenir la hausse de la température moyenne à 2 degrés celsius (par rapport aux niveaux préindustriels), rappelle le Conseil. (AN)