Bruxelles, 29/05/2013 (Agence Europe) - Les biodiesels argentin et indonésien importés dans l'UE sont frappés de taxes antidumping provisoires, avant une décision en décembre pour des droits définitifs.
La Commission a annoncé dans le Journal officiel de l'UE du 28 mai l'entrée en vigueur à compter du 29 mai de droits antidumping provisoires sur les importations de biodiesel en provenance d'Argentine et d'Indonésie. Applicables 6 mois, dans l'attente d'une décision sur des droits définitifs sur lesquels les Vingt-sept devront se prononcer d'ici le 28 novembre, ils vont de 6,8% à 10,6% pour le biodiesel argentin, et de zéro à 9,6% pour le biodiesel indonésien. Avec l'aval des capitales, l'exécutif européen donne ainsi suite à la plainte déposée en août 2012 par l'association des producteurs de biodiesel européen (EBB) contre les pratiques de dumping dont bénéficieraient les producteurs de biodiesel des pays concernés. En trois ans, la part de marché de l'Argentine et de l'Indonésie est passée de 0% à près de 30% du marché européen en 2012. D'autres actions pourraient suivre d'ici la mi-août, puisque la Commission enquête aussi sur des subventions octroyées aux producteurs argentin et indonésien de biodiesel.
Buenos Aires dénonce le protectionnisme agressif de l'UE. « En raison d'une incapacité à faire concurrence, l'Europe renforce son protectionnisme agressif contre le biodiesel argentin » dans un contexte de crise, a aussitôt dénoncé le ministère argentin des Affaires étrangères, se déclarant prêt à prendre les actions nécessaires dans le cadre du droit international pour protéger ses exportateurs. Buenos Aires a lancé à la mi-mai une procédure à l'OMC visant le régime européen d'importation de biodiesel (EUROPE n° 10847).
Le litige euro-argentin sur le biodiesel remonte à avril 2012 lorsque l'Espagne avait mis un frein aux importations de biodiesel argentin en représailles à la décision de la présidente argentine, Cristina Kirchner, d'exproprier le groupe pétrolier espagnol Repsol de sa filiale argentine YPF. Madrid avait revu sa position, et Buenos Aires suspendu sa plainte début février (EUROPE n° 10778). (EH)