Bruxelles, 29/05/2013 (Agence Europe)- Le Premier ministre serbe, Ivica Dacic, a souligné, le 29 mai, que son gouvernement fera « tout ce qui est en son pouvoir pour exécuter le plan (de mise en œuvre de l'accord avec le Kosovo) de façon totale ». Devant la commission des Affaires étrangères du Parlement européen, il a cependant précisé qu'en raison de toutes les mesures à prendre et à mettre en place, il sera « difficile de tout respecter d'ici fin juin ». Il faut ainsi modifier le cadre législatif, parler de la police et du système judiciaire, prévoir les élections locales qui devraient avoir lieu à l'automne et voir comment vont fonctionner les organes des communautés serbes jusqu'à ces élections. « Des groupes de travail doivent se réunir dans les jours qui viennent, il y aura peut être des difficultés plus ou moins lourdes mais, dans l'ensemble, il devrait être possible de mettre en œuvre le plan », a-t-il expliqué, ajoutant également que les contacts se poursuivent sur l'énergie et les télécoms pour lesquels « nous souhaitons vraiment parvenir à un compromis ». M. Dacic a précisé que la Serbie « n'a pas reconnu l'indépendance du Kosovo mais est consciente de la réalité sur le terrain ». Il a ajouté que l'accord ne débouchera pas non plus sur la création d'une « Republika Srpska » au Kosovo, ce qui inquiétait beaucoup l'UE.
Selon le Premier ministre, l'accord du 19 avril est un « pas en avant considérable » pour garantir le sort des Serbes du Kosovo dont la participation est importante. « C'est dans notre intérêt que les Serbes puissent participer à la mise en œuvre de cet accord, il ne pourra pas être mis en œuvre totalement s'il n'est mis en œuvre qu'à Belgrade. C'est pour cela que le dialogue (avec les Serbes du Kosovo) continue », a-t-il expliqué. Un dialogue compliqué. Un responsable local des Serbes du Kosovo, Marko Jaksic, a annoncé, le 28 mai, leur intention de créer une « Assemblée provinciale, en accord avec la Constitution serbe », pour se « défendre de l'accord de Bruxelles qui est anticonstitutionnel et qui prévoit le rattachement de la communauté serbe à la Constitution et aux lois du Kosovo ».
Soulignant que l'obtention d'une date d'ouverture des négociations fin juin est « un objectif tenable », M. Dacic a précisé que « la Serbie ne demande pas de faveur mais nous voulons que les critères d'adhésion qui s'appliquent de façon générale soient appliqués à la Serbie ». (CG)