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Bulletin Quotidien Europe N° 10855
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) syrie

Levée de l'embargo, critiques nombreuses mais soutien américain

Bruxelles, 29/05/2013 (Agence Europe) - L'opposition et le régime syriens, tout comme la Russie et des membres du Parlement européen, ont critiqué la levée de l'embargo sur les armes décidée le 27 mai par l'UE.

Un porte-parole de la Coalition syrienne a considéré, le 28 mai, que cette décision est « certainement un pas positif mais nous craignons qu'il soit insuffisant et qu'il intervienne trop tard ». « On espère que ce sera une décision effective et non pas des paroles », a souhaité un porte-parole de l'Armée syrienne libre, déçu que l'envoi des armes ne soit pas immédiat. « Nous voulons aussi que l'UE adopte une position plus sérieuse, une position plus ferme », a-t-il ajouté. Pour le ministère syrien des Affaires étrangères, la levée de l'embargo constitue un « obstacle » aux efforts destinés à mettre fin au conflit.

Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, a regretté la décision qui « porte un préjudice direct à la possibilité d'organiser une conférence internationale ». La levée de l'embargo « va à l'encontre de la politique de l'UE elle-même (…) C'est une manifestation de deux poids-deux mesures », a-t-il ajouté, faisant référence aux déclarations de l'UE pour un règlement basé sur la déclaration de Genève et la conférence pour la paix. Son ambassadeur auprès de l'Union, Vladimir Chizhov a ajouté que cette « non-décision ne va pas contribuer à un environnement propice » pour Genève, ni « aider » le processus. Il s'est interrogé sur le message que l'UE envoie à l'opposition, soit l'idée de « juste tenir le coup » pour une solution militaire. « J'ai du mal à croire que l'opposition va devenir plus souple » avec la perspective d'obtenir des armes, a-t-il expliqué. M. Chizhov a ajouté qu'il n'y a jamais eu une situation où « l'armement d'un côté aide à arrêter la violence », précisant plus tard que Moscou ne fournit pas d'armes offensives au régime syrien et ne fait qu'honorer des anciens contrats.

Division du Parlement. Le Parlement européen est quant à lui divisé. Le président de la commission des Affaires étrangères, Elmar Brok (PPE, allemand), s'est demandé si « on peut vraiment parler de l'UE comme médiateur », à la lumière de cette levée, soulignant que « ce n'est pas un jour glorieux pour l'UE ». Pour Guy Verhofstadt (ADLE), favorable à la livraison d'armes, « au vu du bilan macabre (…), il est honteux que l'UE ne montre aucun courage pour prendre des mesures décisives ». « Une position de l'UE plus unie sur l'embargo sur les armes aurait été souhaitable. En définitive, l'UE s'est défaussée de ses responsabilités sur les États membres », a-t-il ajouté. Véronique De Keyser (S&D, belge), a souligné que « cette décision honteuse est un autre triste rappel que l'UE ne parvient toujours pas à parler au monde d'une seule voix ». « Au lieu de contribuer à trouver une solution, la décision risque d'ajouter plus d'anarchie et de désespoir à une guerre tragique toujours dans l'impasse et en attente d'une réponse politique », a-t-elle ajouté. « Fournir des armes et financer des groupes armés est la voie vers une nouvelle tragédie, un conflit prolongé et rend impossible une solution politique. L'UE doit réintégrer l'embargo », a appelé le groupe GUE. Pour un de ses députés, l'Espagnol Willy Meyer, une solution politique et le destin de la Syrie « doivent reposer fermement dans les mains du peuple syrien, sans aucune ingérence extérieure ou intervention militaire ».

Soutien américain. Les États-Unis ont eux salué l'action de l'UE. « Nous soutenons l'assouplissement de l'embargo de l'UE sur les armes, comme faisant partie des efforts de la communauté internationale pour faire la démonstration de son appui total à l'opposition syrienne », a expliqué un porte-parole, ajoutant que cette levée est « utile » car « elle envoie un message au régime Assad selon lequel l'appui à l'opposition ne va faire que croître ». (CG)

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