Bruxelles, 12/03/2013 (Agence Europe) - Une conférence sur le sort des femmes dans les camps de réfugiés sahraouis en Algérie a eu lieu, vendredi 8 mars au Parlement européen, avec la participation de l'eurodéputée libérale Annemie Neyts-Uyttebroeck (ADLE, belge). Elle a exprimé dans un communiqué son soutien aux « femmes sahraouies séquestrées dans les camps de Tindouf », soulignant que l'objectif de la conférence était de « donner la parole à ces femmes, pour qu'elles attirent l'attention sur leur sort ». « Les femmes dans les camps sont privées de leurs droits les plus fondamentaux, et sont souvent victimes de l'exclusion et d'agressions sexuelles », a-t-elle ajouté.
Ces femmes sont privées de liberté de mouvement, d'expression et font l'objet de traitements inhumains et dégradants, ont affirmé deux anciennes victimes du Front Polisario, Maghlatta Dlimi et Khadijatou Mohamed, rapporte l'agence marocaine de presse.
Arguments et contre-arguments sont produits périodiquement et des parlementaires européens sont fréquemment sollicités par un camp ou l'autre pour faire valoir - parfois sans nuances - le bon droit dans ce dossier épineux qui empoisonne la situation politique dans la région et entrave l'intégration maghrébine.
Ce ne serait qu'un effet saisonnier, à l'approche de l'examen annuel du dossier par le Comité des droits de l'homme de l'ONU, explique un observateur européen. Un sous-groupe parlementaire européen est consacré au sujet et le traite régulièrement. Quatre de ses membres ont tenté, la semaine dernière, de se rendre dans la zone pour évaluer la situation sur place mais ils ont été refoulés par les autorités marocaines (EUROPE n°10801). Les groupes ADLE et GUE/NGL du PE ont protesté contre cet acte, mettant en avant le respect dû au Parlement européen. Pour Mohamed Sidati, représentant du Front Polisario à Bruxelles, l'UE « ne peut rester indifférente face aux expulsions arbitraires de ses députés et face à cette marque de mauvaise foi d'un pays qui s'est engagé à respecter les droits et qui reçoit l'aide de l'UE en conséquence ».
Le refus d'accès était pourtant attendu. Il a été notifié peu avant par les canaux officiels marocains, confirme-t-on au sein du Parlement. L'eurodéputé Norbert Neuser (S&D, allemand), président de l'Intergroupe 'Sahara' au PE, aurait reçu peu avant une lettre l'informant que le Maroc n'acceptait pas les opérations de « lobbying » hostiles sur son territoire et affirmait la conviction d'être victime d'un parti pris manifeste.
Les Marocains appellent à demeurer prudents dans la perception de la situation dans le contexte de guerre dans le Sahel-Sahara contigu de la zone contestée et le risque de récupération par Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI). Il est vrai que le Front Polisario demeure assez prudent dans son expression sur la menace sécuritaire dans la région.
De façon générale, le rôle que joue le front sahraoui soutenu par Alger est contesté, notamment dans sa gestion des camps pour lesquels l'UE alloue de l'aide humanitaire. L'Office européen de lutte antifraude (OLAF) aurait récemment pointé du doigt des détournements de l'aide mais son rapport demeure interne. (FB)