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Bulletin Quotidien Europe N° 10804
AU-DELÀ DE L'INFORMATION / Au-delà de l'information, par ferdinando riccardi

Évolutions de l'euro et remarques sur la place de l'Europe dans le monde

Ce que tous les pays de l'euro devraient rechercher. La volonté de la France de se libérer de sa dette publique écrasante, autant que possible et aussi vite que possible, est un exemple. Je ne me réfère pas à l'orientation politique, ni au contenu des mesures envisagées: chaque pays est maître de son comportement et choisit sa route ; je me réfère à l'intention en elle-même et à sa motivation: un pays qui se veut maître de son destin et de ses comportements ne peut pas dépendre d'autrui pour couvrir l'essentiel de ses dépenses. C'est un principe qui peut être poursuivi de manières différentes et dont les délais peuvent varier, mais il est incontournable car l'autonomie politique d'un pays est liée à son autonomie financière.

Ce concept, largement partagé, ne signifie pas que tous l'appliquent. Dans un ensemble vaste et complexe comme la zone euro, il est normal que ses États membres rendent compte de leurs comportements aux partenaires et respectent les règles définies ensemble. Dans cette zone les mécanismes de soutien sont nombreux et généreux et la possibilité pour tout État membre en difficulté d'y faire appel fait partie du système; c'est arrivé plusieurs fois, ça arrivera encore. Il est logique aussi que, selon les circonstances, le soutien soit prolongé et l'application des règles assouplie. Mais si un État membre n'est pas en mesure, de manière évidente, de respecter les disciplines indispensables pour le fonctionnement de la monnaie commune, il doit en sortir et son départ n'implique d'aucune manière la sortie de l'UE, ni la perte des soutiens communautaires ; et c'est un choix qui concernerait tous les citoyens.

Les Italiens veulent l'euro. Le parti politique M5S de Beppe Grillo peut renoncer à un point de son programme: le référendum en ligne (online) sur la position des Italiens à propos du maintien dans la zone euro. Il peut y renoncer car il vient d'être fait sous forme de sondage. Et les résultats, publiés par le Corriere della Sera, sont tellement nets qu'aucune incertitude n'est possible: 74% des Italiens s'opposent au retour à la monnaie nationale, ce pourcentage étant encore plus élevé chez les jeunes et ceux dont les diplômes sont plus élevés ; 70% estiment qu'un référendum officiel n'est même pas opportun, 21% qu'il est assez opportun et 9% très opportun.

L'abandon de l'euro est rejeté par la majorité des forces politiques, y compris celle de M. Berlusconi, qui dans la campagne électorale avait pris en considération l'hypothèse du retour à la lire, et celle de M. Grillo lui-même, qui voulait un référendum officiel. Pour la grande majorité des Italiens, le retour à la monnaie nationale serait « un véritable désastre pour l'économie ».

Sauvegarder la place de l'Europe. Les observations qui précèdent et l'ensemble des choix qui s'imposent à l'Europe invitent à prendre conscience de la transformation mondiale qui est en cours. C'est l'histoire de l'humanité qui est en train de changer, des savants et des sages qui en savent infiniment plus que moi le démontrent et l'expliquent, en situant les transformations en cours dans l'évolution historique.

La Chine et l'Inde avaient dominé le premier millénaire de l'époque où l'histoire est devenue mondiale ; au XVIIIème siècle de notre ère, ces pays représentaient les deux tiers de l'économie globale et ils sont tout simplement en train de reprendre leur rôle ; plus lentement, l'Afrique arrive aussi.

Le monde occidental doit en être conscient. J'ai même lu dernièrement que les atouts de l'Europe dans le monde qui naît seraient seulement le luxe, l'aéronautique, le tourisme et l'agro-alimentaire ; un choix un peu étrange et trop limitatif, mais éloquent et qui confirme une exigence: l'Europe et les États-Unis doivent agir ensemble si le monde occidental veut garder sa place. Le Sommet européen de cette semaine devrait avoir à l'esprit le contexte dans lequel il va délibérer.

Risques pour l'humanité. On devrait élargir la réflexion: si l'humanité continue à écraser la nature sur terre et dans les mers, son histoire risque de ne pas se prolonger longtemps. Les premières réactions à la dérive en cours sont dérisoires: les efforts pour sauvegarder quelques animaux aussi irremplaçables que l'ours blanc ou les loups sont souvent un échec parce qu'ils entravent l'activité humaine sur place. Et ne parlons pas des crimes contre les sublimes éléphants pour leur arracher les défenses en ivoire ou l'attentat à la vie des abeilles (qui sera chèrement payé par l'humanité).

Et qui osera ajouter que l'humanité devra aussi contrôler son accroissement, pour ne pas dépasser ce que notre planète limitée et frêle pourra supporter ?

(FR)

 

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