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Bulletin Quotidien Europe N° 10801
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) Économie

Les sociaux-démocrates se posent en alternative à l'austérité

Bruxelles, 07/03/2013 (Agence Europe) - L'austérité en temps de crise ne règle pas le problème des finances publiques, est injuste socialement et fait émerger les partis extrêmes sur l'échiquier politique. Telle est l'analyse que les sociaux-démocrates font de la situation socio-économique en Europe, en s'appuyant sur la récente chute du gouvernement bulgare et les résultats des élections italiennes. Mais la gauche modérée se demande encore comment renverser le débat idéologique pour en récolter in fine les fruits électoraux.

« Il y a une alternative à la politique actuelle. L'austérité à l'extrême n'est pas acceptable. Économiquement, socialement et politiquement, c'est le mauvais chemin à suivre », a déclaré le président du groupe S&D au Parlement européen, l'Autrichien Hannes Swoboda, jeudi 7 mars lors d'une conférence dénonçant l'excès des mesures d'austérité appliquées partout en Europe. Oui, la consolidation budgétaire est nécessaire, mais le problème c'est « la vitesse » à laquelle elle s'exerce, a-t-il considéré. « Nous accuser d'être contre les réformes est erroné. Les réformes doivent permettre de rendre les États plus responsables, pas de détruire l'État providence », a-t-il souligné. Et de prôner l'union des forces progressistes pour élaborer une stratégie anti-austérité au niveau européen capable de faire évoluer les termes du débat.

Le président du Conseil scientifique de la Fondation européenne d'études progressistes (FEPS), Bruno Liebhaberg, a déploré que « l'Europe (soit) de plus en plus associée avec l'austérité », raillant « les comportements autistiques » de la Commission européenne.

Dans la même veine, le ministre français de l'Économie, Pierre Moscovici, a mis en garde contre « le risque de rejet d'Europe que porte la crise » car les citoyens en difficulté voient en elle davantage « un facteur d'aggravation » de leur situation. Réitérant la position française pour une intégration solidaire en Europe, il a listé ses priorités pour le renforcement de l'Union économique et monétaire: - la création d'une « capacité budgétaire propre » pour la zone euro, distincte du budget communautaire, dotée d'un financement propre et qui puisse servir à indemniser les chercheurs d'emploi ; - l'émission de dette en commun, cette démarche constituant « la fin d'un processus » ; - le renforcement du contrôle démocratique, avec « une instance ou un groupe » au sein du PE chargé de traiter spécifiquement les questions qui ont trait à la zone euro ; - la création d'un « ministre » chargé notamment de piloter l'Eurozone. Mais, il sera impossible, selon M. Moscovici, de demander aux citoyens plus d'intégration en modifiant les traités si les gouvernements et l'Europe ne sont pas capables de leur offrir des perspectives positives pour l'avenir. (MB)

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