Bruxelles, 07/03/2013 (Agence Europe) - En ligne avec la Commission européenne, la Banque centrale européenne (BCE) a revu à la baisse, jeudi 7 mars, ses prévisions de croissance pour la zone euro. Lors de sa conférence de presse mensuelle, Mario Draghi, le président de l'institution de Francfort, a annoncé que la zone euro subirait une chute de son PIB dans une fourchette située entre -0,9% et -0,1% en 2013 avant de renouer avec la croissance en 2014 dans une fourchette située entre 0% et 2%. Compte tenu de la faiblesse de l'économie, l'inflation devrait demeurer sous le seuil de 2% en 2013 et 2014.
La BCE, qui a maintenu son principal taux directeur à 0,75%, maintiendra sa politique monétaire accommodante « aussi longtemps qu'il le faudra », a indiqué M. Draghi. Une baisse supplémentaire des taux a bien été évoquée par le Conseil des gouverneurs mais n'a pas encore trouvé consensus.
L'institut monétaire encourage les gouvernements à poursuivre sur la voie des réformes, seule planche de salut, selon lui, pour un retour à la croissance. Et l'Italie, dont l'incertitude politique inquiète, n'en sera pas exemptée. « L'ajustement budgétaire italien va continuer en mode pilote automatique », a estimé M. Draghi, qui n'a pas vu de raison particulière pour s'inquiéter de la situation. « Les marchés sont revenus à leur niveau antérieur aux élections italiennes », a-t-il noté, estimant l'effet de contagion « modéré ». Et de rappeler que le programme 'OMT' de rachat conditionnel d'obligations souveraines n'avait pas été conçu pour faciliter le retour des pays sur les marchés.
Parallèlement à la poursuite des réformes, il revient aux pays de la zone euro de lutter activement contre le chômage élevé, la BCE n'ayant que des moyens limités à cet effet. La meilleure contribution de la BCE à la création d'emplois demeurerait le maintien de la stabilité des prix.
M. Draghi a également été interrogé sur les rumeurs selon lesquelles l'institution envisagerait d'abandonner son rôle au sein de la 'troïka' (Commission européenne, BCE, FMI), organe représentant les créanciers institutionnels auprès des pays de la zone euro sous programme. Ironisant sur le besoin des journalistes de brandir à chaque conférence « l'angoisse de la semaine », il leur a conseillé de solliciter les principaux concernés « avant d'écrire des choses qui n'existent pas ». La 'troïka' fonctionne parfaitement, à ses yeux, et l'institution qu'il préside y apporte une valeur ajoutée. Et les responsabilités qui incombent à la BCE lui dictent d'en rester membre. Ces rumeurs, nées dans les médias allemands en début de semaine, reposent sur le fait que la BCE craindrait que sa participation à la 'troïka' ne menace son indépendance. Selon l'ancien gouverneur de la Banca d'Italia, cette indépendance demeure pourtant intacte. « Nous n'avons jamais pris nos décisions sous l'effet de quelque pressions politiques que ce soit », a-t-il considéré. (EL)