Bruxelles, 18/02/2013 (Agence Europe) - La Commission pointe du doigt le manque de concurrence sur le marché de gros et l'indépendance insuffisante de l'autorité nationale de régulation de l'énergie.
La Bulgarie a été le théâtre, dimanche 17 février, d'une vague de manifestations sans précédent dans une vingtaine de villes du pays. En cause, le prix élevé des factures d'électricité, tandis que les trois entreprises énergétiques étrangères qui se partagent le marché électrique bulgare enregistrent des bénéfices exceptionnels. Les manifestants, qui ont bloqué des routes et des carrefours, tiré des projectiles sur des bâtiments publics et brûlé leurs factures ont aussi dans le collimateur le Premier ministre, Boïko Borissov, et son gouvernement de centre-droit, qui tarde à libéraliser le marché national de l'énergie, et qu'ils soupçonnent de complicité avec les fournisseurs d'énergie. Selon des médias nationaux, tandis que le salaire moyen, le plus bas de toute l'UE, est inférieur à 400 euros par mois, les factures d'électricité atteignent en moyenne plus de 100 euros par mois. Le marché bulgare de la distribution électrique, privatisé depuis la première moitié des années 2000, se divise en trois régions contrôlées par les entreprises tchèques CEZ et Energo-Pro et l'autrichienne EVN.
Invitée à réagir lundi 18 février, la Commission européenne a rappelé les deux problèmes identifiés, dans le cas bulgare, dans un rapport de progrès sur l'achèvement du marché intérieur de l'énergie, publié fin 2012. D'une part, le marché de gros n'est pas tout à fait libéralisé. « Il y a des quotas et un acteur dominant, et les prix ne sont pas libres. S'il y a un marché et qu'il fonctionne, il donne le meilleur prix possible. Cela ne veut pas dire que le prix va diminuer, mais que les augmentations prévues ne seront pas aussi fortes. Au niveau de l'UE nous constatons que s'il y a un marché libéralisé, la hausse des prix de gros de l'électricité peut être largement inférieure par rapport à celles des matières premières utilisées pour produire cette électricité », a expliqué la porte-parole du commissaire Günther Oettinger, Marlene Holzner. Le deuxième problème identifié est l'indépendance seulement partielle de l'autorité nationale de régulation, qui fixe les prix de l'énergie.
La Bulgarie s'est vue déférée devant la Cour de justice par la Commission européenne le 24 janvier pour transposition incomplète des deux directives (gaz et électricité) du 3ème paquet de libéralisation. (EH)