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Bulletin Quotidien Europe N° 10784
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) chypre

Incertitudes sur les modalités de l'aide à Nicosie

Bruxelles, 12/02/2013 (Agence Europe) - Le flou régnait, lundi 11 février au terme de la réunion des dix-sept ministres des Finances de la zone euro, quant à l'éventuelle mise à contribution des déposants dans le cadre du sauvetage financier de Chypre.

Le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, mais également le ministre Luxembourgeois, Luc Frieden, n'ont en effet pas exclu la possibilité de garder une telle option sous le coude afin de garantir la pérennité de la dette chypriote. Le commissaire chargé de l'euro, Olli Rehn, a affirmé que la Commission n'était pas à l'origine de cette proposition, qui avait fuité la veille dans les colonnes du Financial Times. Selon le ministre français de l'Économie, Pierre Moscovici, cette idée ne serait d'ailleurs « portée » ni par les institutions européennes, ni par les États membres. Quant au ministre chypriote des Finances, Vassos Shiarly, il a réitéré son opposition à une telle hypothèse. Pour mettre fin aux spéculations, M. Dijsselbloem a recommandé la patience d'ici à la signature d'un protocole d'accord avec Nicosie, en mars.

Officiellement, les ministres des Finances de la zone euro n'ont abordé qu'en surface le cas de Chypre. Les discussions se seraient focalisées sur les inquiétudes exprimées notamment par l'Allemagne relatives au blanchiment d'argent. Ils ont réclamé une nouvelle évaluation indépendante de la mise en œuvre des règles dans ce domaine. Si au cours de ce nouvel examen, qui sera mené par une société privée, des lacunes apparaissent, alors des mesures supplémentaires devront figurer dans le protocole d'accord. M. Rehn, a d'ailleurs rappelé qu'une lutte active contre le blanchiment d'argent demeurait bel et bien une condition sine qua non à l'aide européenne.

En marge de l'Eurogroupe, M. Shiarly a déclaré espérer un peu plus de compréhension, rappelant que l'île s'était retrouvée contrainte de solliciter une aide internationale en partie à cause de la restructuration de la dette grecque, lors de laquelle les créditeurs privés ont effacé 107 milliards d'euros de créances (ou 'PSI' pour 'Private sector Involvement'). Un « geste de bonne volonté » de la part de Nicosie, selon lui, qui a coûté aux banques de l'île 4,5 milliards d'euros. Le ministre chypriote a même estimé que ce PSI avait été une erreur et que ce scénario ne s'appliquerait pas à Chypre dans la mesure où la moitié des bailleurs de fonds privés de l'île ne sont autres que les banques, pour lesquelles l'aide a été sollicitée.

Pour rendre la dette chypriote supportable, M. Shiarly a alors espéré pouvoir compter sur les revenus potentiels des réserves de gaz. Nicosie a signé deux accords de prospection de ces réserves, mais cela pourrait prendre des années avant de pouvoir en tirer profit. (EL)

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