Bruxelles, 12/02/2013 (Agence Europe) - Le lobby aérien perd patience face aux retards et inefficacités accumulés dans la mise en œuvre du Ciel unique européen. L'Association internationale des transporteurs aériens (IATA), l'Association européenne des compagnies aériennes régionales (ERA) et l'Association des compagnies aériennes européennes (AEA) suggèrent la rationalisation des centres de contrôle du trafic dans un rapport conjoint. La Commission de son côté perd tout autant patience et prépare actuellement un paquet « Ciel unique européen 2+ » afin de recentrer les premiers paquets.
Les trois associations partent du constat que « l'approche actuelle du Ciel unique européen n'a pas accéléré l'évolution du programme à la vitesse voulue. Les progrès ont été douloureusement lents et les inefficacités du système de la gestion du trafic aérien européen génèrent toujours plus de 5 milliards d'euros de coûts supplémentaires et 8,1 millions de tonnes d'émission de CO2 supplémentaires chaque année ». Le rapport poursuit en concluant que la structure de gestion du trafic aérien est une menace pour la croissance et la stabilité du secteur aérien.
À la lumière des développements américains qui démontreraient qu'un volume plus important de trafic peut être géré par un même nombre de centres de contrôles, les trois lobbies aériens suggèrent dans leur publication de « rationaliser et moderniser » la chaîne de gestion du trafic. Ils sont d'avis que le nombre de centres de contrôles devrait être réduit de 63 à 40, et que la modernisation ne se fasse pas de manière isolée mais en coordination au niveau européen.
Tony Tyler, le directeur général de l'IATA a déclaré, à Madrid, le 12 février, lors d'une conférence internationale sur le sujet, qu'il faut « se retrousser les manches, travailler ensemble comme des partenaires, et construire un système de gestion du trafic aérien plus robuste ». Il a reconnu que « des choix difficiles doivent être faits. Notre rapport peut ne pas être la seule voie à suivre, mais peu importe ce qui est conclu, nous avons besoin d'un plan global pour réaliser le Ciel unique européen. Et nous avons besoin urgemment de réaliser des progrès en se mettant d'accord sur des réformes et se mettre à les produire ».
Un appel du pied à la Commission européenne qui travaille à un nouveau paquet législatif, le « Ciel unique 2 + », qui devrait corriger les erreurs et manquements des deux précédents paquets. Le commissaire européen aux Transports, Siim Kallas, affirmait en janvier cette année que cette nouvelle mouture devrait résoudre les « problèmes persistants », sans retourner à la case départ. (MD)