Bruxelles, 12/02/2013 (Agence Europe) - Les ONG et les écologistes multiplient les communiqués de triomphe, tandis que les professionnels déchantent, après le vote du Parlement européen la semaine dernière sur une réforme radicale de la politique commune de la pêche (PCP).
« Victoire !» crie le WWF, pour qui « quelque chose d'exceptionnel s'est passé aujourd'hui ». « C'est un triomphe, en particulier en ces temps de crise et malgré la forte opposition de certains politiciens défendant les intérêts non durables de l'industrie », ajoute Roberto Ferrigno, du WWF.
« C'est un pas historique pour inverser des décennies de surexploitation des ressource halieutiques », renchérissent Oceana et PEW Environment Group. Pour Greenpeace, « ce vote est un signal qu'il est temps d'en finir avec la surpêche et une preuve que le Parlement est résolu à défendre l'intérêt général ». Greenpeace se réjouit particulièrement de deux amendements qui lient l'accès aux zones de pêche à des critères de durabilité (respect de la ressource halieutique, nombre d'emplois).
Les présidents d'Europêche, Javier Garat, et du groupe pêche du COPA-COGECA, Giampaolo Buonfiglio, prennent acte du soutien accordé par les députés européens en faveur d'une réforme ambitieuse de la PCP. Mais ils expriment leur déception: « Nous regrettons vivement que le Parlement européen ait suivi l'approche radicale et rigide du rapporteur, en particulier sur le rendement maximum durable et sur l'obligation de débarquer, sans discernement, toutes les captures de poisson à compter de l'année 2014. » Les professionnels du secteur de la pêche avaient pourtant fait des propositions constructives et concrètes, particulièrement sur les modalités de mise en œuvre de l'interdiction des rejets de poisson en mer, propositions qu'ils avaient adressées récemment au Parlement européen, au Conseil de l'UE et à la Commission.
Selon ces organisations, la position du Parlement européen sur l'interdiction des rejets est « inapplicable en l'état, les navires actuels n'étant équipés ni en jauge, ni en facilités de stockage. Elle démontre clairement une méconnaissance du secteur de la pêche ». Les deux présidents estiment en outre que, sur nombre d'autres sujets, le rapport adopté fait fi des conséquences socio-économiques et notamment des graves répercussions qu'auront les mesures sur l'emploi dans le secteur de la pêche, si elles étaient retenues en fin de compte. (LC)