Bruxelles, 12/02/2013 (Agence Europe) - Le scandale des plats préparés surgelés à la viande de cheval censée être de la viande de bœuf sera portée, ce mercredi 13 février, à l'attention des ministres de l'UE. Ainsi en a décidé la Présidence irlandaise du Conseil de l'UE à l'heure où la polémique enfle, où le Premier ministre roumain Victor Ponta assure que les opérateurs de son pays ne sont nullement en cause, et que Benoît Hamon, le ministre français délégué à la Consommation, annonce qu'une fraude n'est pas à exclure. Tous les ministres compétents sont convoqués mercredi en fin d'après midi à Bruxelles, à une réunion extraordinaire pour faire un état des lieux. Les appels s'étaient multipliés dans ce sens, en particulier de la part de Stéphane Le Foll, le ministre français de l'Agriculture « d'un commun accord avec le Royaume-Uni », pays où la tromperie sur la marchandise fut découverte. Tonio Borg, commissaire européen à la Santé et à la Protection des consommateurs, participera à cette réunion d'état des lieux. La Présidence irlandaise a également prévu d'inscrire ce sujet à l'ordre du jour du prochain Conseil Agriculture, le 25 février à Bruxelles. Le ministre français de l'Agriculture a d'ailleurs annoncé vouloir saisir cette occasion pour « pousser » à l'amélioration des règles d'étiquetage dans l'UE.
Mais la Commission européenne a réitéré, mardi, que la réglementation européenne n'est pas en cause. « S'il s'avère qu'il y a un problème de fraude - ce qui est peut-être le cas - l'étiquetage aurait contribué à la fraude et le produit aurait été mal étiqueté au départ, à dessein. C'est un problème d'informations données par les acteurs économiques aux États membres. À ce stade, il est un peu prématuré d'envisager un étiquetage obligatoire pour les produits transformés, en ce qui concerne la viande », a déclaré à la presse européenne, Frédéric Vincent, porte-parole de Tonio Borg. Selon lui, une réflexion est en cours sur la faisabilité d'une révision, à terme, des règles d'étiquetage des produits transformés, « mais il faudra discuter avec les opérateurs économiques, avec les États membres. Rien n'est arrêté ». Pour le scandale en cours, « il revient aux États membres d'effectuer les vérifications et aussi d'informer la Commission. Le RAFF (système d'alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux: NDLR) est ouvert tous les jours 24 heures sur 24. Nous poussons les États membres à effectuer des contrôles le plus rapidement possible. Ils sont en cours en Roumanie et en France », a poursuivi le porte-parole. C'est jeudi, au lendemain de ce Conseil extraordinaire, que seront connus les résultats de l'enquête actuellement menée par les services de la DGCCRF (Direction générale de la concurrence de la Consommation et de la répression des fraudes). (AN)