Bruxelles, 12/02/2013 (Agence Europe) - La commissaire responsable de la stratégie numérique Neelie Kroes s'est dite très déçue du montant prévu par le compromis sur le cadre financier pluriannuel (CFP) 2014-2020, avalisé le 8 février par le Conseil européen, pour le Mécanisme pour l'interconnexion de l'Europe, en particulier le secteur numérique. « Il est clair qu'aucun soutien financier ne pourra être apporté au déploiement de la large bande (…) Une telle coupe (…) est une occasion manquée », a-t-elle réagi, en soulignant que les fonds prévus ne pourront plus servir au financement des infrastructures à très haut débit mais uniquement à celui des services numériques.
Le MIE a été, effectivement, la variable d'ajustement pour faire baisser le budget avec 29,9 milliards d'euros seulement pour son financement, la part prévue pour le secteur télécoms ayant été particulièrement rabotée avec seulement 1 milliard d'euros contre 9,1 milliards proposés par la Commission européenne, soit une diminution de 86% du budget proposé pour le secteur. Ce qui réduira les apports d'argent frais prévus pour le financement des infrastructures de réseaux à large bande que défend âprement Neelie Kroes qui en fait d'ailleurs sa priorité pour 2013 (EUROPE n° 10777). « Je regrette cela: car la large bande est essentielle au marché unique du numérique, ce sont les rails sur lesquels rouleront les services numériques de demain ; et cela aurait été un moyen de les délivrer, de manière innovatrice et tout à fait en phase avec les besoins du marché », a souligné la commissaire Kroes, en rappelant les bénéfices apportés sur le long terme par un réseau d'infrastructures haut débit bien développé, qui compenseront largement les investissements consentis au départ. Les objectifs visés en matière de déploiement du haut débit seront désormais difficiles à atteindre, mais les MIE n'est pas la seule façon d'y arriver, puisqu'il y a les moyens consentis par les États membres et les fonds structurels, a ajouté la commissaire en indiquant vouloir travailler étroitement avec la Banque européenne d'investissement dont l'augmentation de capital de 10 milliards d'euros « apporte la promesse de nouveaux financements pour le haut débit ». La commissaire appelle par conséquent les États membres à prendre leurs responsabilités pour encourager le secteur privé à investir. « Je suis prête à travailler et à batailler plus encore pour développer un marché européen plus favorable pour les investissements dans les réseaux à haut débit, à la fois fixes et sans fil », a indiqué la commissaire. Selon les estimations de la Commission, près de deux milliards d'euros d'investissements seront nécessaires pour assurer d'ici à 2020 l'accès à des connexions à très haut débit pour l'ensemble des Européens.
Même déception du côté de l'ETNO, qui défend les intérêts des opérateurs historiques. « Étant donné l'importance clé des réseaux à haut débit et l'effet de levier potentiel des investissements du CFP, cette coupe dans le budget est une occasion manquée pour le redressement économique de l'Europe », a réagi le président de l'ETNO, Luigi Gambardella. Le FTTH Council Europe s'est également dit très déçu de la décision, soulignant que celle-ci prouvait « le manque de compréhension des gouvernements européens de l'importance des réseaux à haut débit à l'épreuve du temps ». (IL)