Bruxelles, 11/02/2013 (Agence Europe) - Le ministre chypriote des Finances, Vassos Shiarly, a rejeté, lundi 11 février, la possibilité que les détenteurs privés de titres de dette chypriote et les détenteurs d'un compte dans une banque chypriote essuient des pertes dans le cadre du sauvetage financier du pays en cours de négociation afin de ramener la dette chypriote sur une trajectoire viable.
« La sollicitation des déposants (…) ne se produira sans doute pas. Nous ne l'accepterons pas », a assuré M. Shiarly, à son arrivée à la réunion des Dix-sept. Lors d'une interview accordée le même jour à l'agence Dow Jones, M. Shiarly a aussi indiqué qu'une décote des titres détenus par les investisseurs privés (ou 'PSI' pour 'private sector involvement') était impossible, vu la structure de la dette, détenue en grande partie par les banques de l'île. Quant à imposer des pertes aux déposants, ce serait contraire à la Constitution chypriote. Le ministre a toutefois reconnu que la question avait été abordée par les Européens.
Un document, cité dimanche par le Financial Times, avait mis le feu aux poudres en révélant que, pour rendre la dette chypriote viable, tâche ardue vu les besoins en recapitalisation du secteur bancaire, les investisseurs et les déposants pourraient être mis à contribution. Selon ce document, une telle contribution permettrait de réduire des deux-tiers, de 16,7 milliards à 5,5 milliards d'euros, l'aide financière à octroyer.
Le porte-parole du commissaire chargé de l'euro, Olli Rehn, a affirmé que la Commission européenne n'était pas à l'origine de cette proposition.
Le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, a indiqué qu'aucune décision définitive sur le sauvetage de Chypre n'était à espérer lundi soir. Il faudra attendre mi-mars pour une réunion décisive sur un plan d'aide à Nicosie une fois le nouveau gouvernement chypriote en place, les Chypriotes étant appelés aux urnes ce week-end pour élire un nouveau président. D'ici là, les Dix-sept doivent tirer profit du temps qui leur est imparti et faire le plus de progrès possibles, a estimé M. Dijsselbloem, qualifiant de « compliqué » le dossier du sauvetage de Chypre.
Interrogé sur l'article du Financial Times, Frans Weekers, qui représente désormais les Pays-Bas, a pour sa part considéré que toutes les options relatives à la viabilité de la dette chypriote devraient être mises sur la table et faire l'objet de discussions. Le ministre français, Pierre Moscovici, a pour sa part évoqué un « échange de vues sur les différentes conceptions » pour « un programme qui tienne la route ».
Jörg Asmussen, membre du directoire de la BCE, a averti à nouveau, dans les colonnes du Handelsblatt, du coût « politique et financier » élevé si les discussions sur le plan d'aide de l'île tirent en longueur. Un accord doit être paraphé en mars, a-t-il souligné. (EL)