Bruxelles, 11/02/2013 (Agence Europe) - Le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, a estimé que le taux de change de l'euro pourrait faire l'objet de discussions entre les dix-sept ministres de la zone euro lorsque la situation socio-économique dans la zone euro sera abordée, lundi 11 février à son arrivée à Bruxelles. Il a toutefois refusé, à ce stade, de prendre une position.
Le ministre français de l'Économie, Pierre Moscovici, est revenu à la charge à propos du niveau de la monnaie unique dont l'appréciation récente pénalise les économies de la zone, comme celle de la France, moins spécialisées. « Nous devons absolument plaider, à l'échelle internationale, pour une approche coordonnée qui permette, d'une part, la stabilité des changes et que ces taux de changes reflètent ce que sont les fondamentaux de nos économies. Le change ne doit pas être soumis aux humeurs ou à la spéculation », a-t-il souligné. Il a reconnu que les raisons de l'appréciation de l'euro étaient « d'abord positives » grâce notamment à « la confiance qui revient dans la zone euro », tout en constatant des facteurs qui proviennent de « pratiques plus agressives de nos partenaires ».
En deux mois, le yen a perdu près de 20% par rapport à l'euro et plus de 10% par rapport au dollar. Une situation qui ravive les craintes d'une 'guerre des monnaies' menée par les États désireux de stimuler leur compétitivité en favorisant les exportations. L'Eurogroupe, puis le Conseil ÉCOFIN mardi, doivent octroyer un mandat aux Européens qui défendront la position de l'UE lors du 'G20 Finances' en fin de semaine à Moscou.
Proche de la ligne défendue par l'Allemagne, le ministre des Finances luxembourgeois, Luc Frieden, a trouvé « intéressante » la question de l'euro trop fort alors qu'il y a un an, à peine, celle de la survie de l'euro était posée. « C'est le meilleur signe que l'euro existe, survivra, est stable et fait l'objet d'un intérêt intensif du monde », a-t-il estimé, convaincu que « le cours de change ne peut pas être décidé unilatéralement par l'Eurogroupe ». Peu inquiet, il n'a pas jugé nécessaire, à ce stade, de communiquer sur ce sujet.
En vertu du traité (article 219), le Conseil peut conclure à l'unanimité des accords formels portant sur un système de taux de change pour l'euro vis-à-vis de monnaies d'États tiers. (MB)