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Bulletin Quotidien Europe N° 10783
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) industrie

Acier, des recommandations avant le plan d'action

Bruxelles, 11/02/2013 (Agence Europe) - La plateforme mise sur pied l'été dernier et pilotée par les commissaires Tajani et Andor va remettre ses conclusions en vue d'une stratégie promise pour juin prochain. Au Parlement européen, les écologistes jugent déjà « scandaleuses » les futures recommandations.

La table-ronde de haut niveau sur l'avenir de la sidérurgie en Europe mise sur pied en juillet 2012 et réunie une première fois en septembre 2012 (EUROPE n° 10693) doit adopter lors de sa quatrième réunion, mardi 12 février à Bruxelles, des recommandations pour soutenir la compétitivité du secteur de l'acier, dont la Commission se servira pour son plan d'action qui sera présenté en juin prochain. Les conclusions attendues porteront sur le commerce, les matières premières, les coûts de la législation, l'énergie et l'environnement, le changement climatique, l'emploi et la R&D.

Parmi les représentants des seize États membres qui participeront au tour de table (Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, Finlande, France, Italie, Lettonie, Luxembourg, Pays-Bas, Pologne, République tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, Slovaquie et Suède), quatre ministres participeront aux travaux aux côtés des commissaires Antonio Tajani (Industrie et Entreprises) et Laszlo Andor (Affaires sociales): le Français Arnaud Montebourg, le Luxembourgeois Étienne Schneider, le Wallon Jean-Claude Marcourt pour la Belgique, et l'Autrichien Reinhold Mitterlehner. L'industrie comptera dans ses rangs des représentants de l'association européenne Eurofer et de la fédération italienne Federacciai, et des entreprises Acerinox, ThyssenKrupp, Celsa Group, Salzgitter AG, ArcelorMittal, Arvedi, Ruukki, Aperam, Tenaris et Gruppo Riva. Des représentants des syndicats de l'acier seront également présents, de même que des représentants du Parlement européen, en la personne de Pervenche Berès (S&D, française) et d'un membre du cabinet de la présidente de la commission de l'industrie du Parlement européen, Amalia Sartori (PPE, italienne).

Rappelons que le vice-président de la Commission, Antonio Tajani, s'est entretenu le 6 février à Strasbourg avec une délégation de syndicalistes représentant les travailleurs du groupe sidérurgique ArcelorMittal, venus de différents pays européens pour faire entendre leurs revendications à la Commission et aux parlementaires européens réunis en session plénière, après l'annonce fin janvier de la fermeture d'une partie des laminoirs d'ArcelorMittal à Liège qui entraînera la suppression de 1 300 emplois. Une réunion qui intervenait deux jours après un vif débat au Parlement sur la relance de l'industrie européenne, et
où le commissaire Tajani s'était vu reprocher le manque d'initiative de l'exécutif européen face à la stratégie de Mittal.

Les Verts crient au scandale. À la veille de la réunion du 12 février, le groupe des Verts/ALE au Parlement européen a dénoncé vendredi, au regard du projet de texte attendu, des recommandations qui vont à leurs yeux « à contresens » des attentes de salariés d'ArcelorMittal en faveur d'une action européenne pour stopper les restructurations ainsi que la mise en concurrence des sites sidérurgiques et des États. « Comme les écologistes, ils considèrent aujourd'hui que la sidérurgie doit construire son avenir et sa compétitivité sur la durabilité, l'innovation, la sobriété carbone et les secteurs où la demande d'acier à forte valeur ajoutée va augmenter. Le développement de l'éolien et des produits technologiquement innovants comme les tôles d'acier intégrant le photovoltaïque pour l'automobile ou les constructions métalliques sont des solutions qui donnent des perspectives de long terme à notre industrie sidérurgique », expliquent les députés Yannick Jadot (France), Philippe Lamberts (Belgique) et Claude Turmes (Luxembourg), dans un communiqué. « La réponse apportée par le commissaire Tajani va dans le sens opposé. Elle valide la stratégie de Mittal, à savoir faciliter le racket des fonds européens sans contrepartie, casser les politiques d'innovation et de modernisation, et organiser les dérèglementations sociales, environnementales et fiscales pour satisfaire l'appétit financier du groupe. En fait, le commissaire Tajani instrumentalise la crise de la sidérurgie pour tenter de porter un nouveau coup à la politique climatique de l'UE dont Mittal est un scandaleux bénéficiaire », insistent les députés écologistes, qui plaident pour un moratoire sur la fermeture des sites sidérurgiques. (EH)

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