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Bulletin Quotidien Europe N° 10783
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) maghreb

Le défi de l'intégration régionale

Bruxelles, 11/02/2013 (Agence Europe) - Si l'Europe réalise 70% de ses échanges internes, le Maghreb ne dépasse pas, dans son commerce entre pays de la sous-région, les 2 à 3%, déplore un rapport de la Commission économique de l'ONU pour l'Afrique du Nord qui dresse un état des lieux après les « révolutions arabes ». C'est, avait également constaté en janvier la Commission européenne au terme de la visite à Bruxelles du secrétaire général de l'UMA (Union du Maghreb Arabe, Algérie, Maroc, Tunisie, Libye et Mauritanie), « une des régions les moins intégrées du monde ».

« À l'heure du grand défi que constitue l'instauration d'une zone de libre-échange euro-méditerranéenne pour les économies maghrébines, le projet de l'UMA n'est plus ce qu'il était, un idéal, mais un impératif de survie (…) Situé entre la première puissance économique mondiale - la zone euro et la zone économique la plus convoitée en ce moment - l'Afrique subsaharienne, le Maghreb a une partition à jouer », affirme le rapport.

Un des leviers pour renforcer cette intégration se situerait dans l'activité bancaire, facteur de rapprochement des politiques économiques nationales: « La finance est un facteur déterminant, son harmonisation est l'une des conditions (pour) aller à pas sûrs vers cette intégration maghrébine tant convoitée. D'autant que, forte de 93 banques dont 104 établissements financiers, 1 300 points de vente avec une moyenne de 400 nouvelles agences bancaires par an, la zone n'a rien à envier à ses partenaires de la rive Nord. »

Mais, regrettent les auteurs du document, « le système bancaire maghrébin reste focalisé sur les échanges à l'international. Les 30 milliards de dollars déboursés par an dans les importations de céréales alors que la région ne manque pas de terres fertiles en est le parfait exemple. Les contraintes logistiques ne facilitent pas non plus les échanges ». Il faudrait « 23 à 40 jours pour relier le Port de Tanger Med à celui d'Oran, soit plus que pour rallier Singapour et Shanghai ».

Le rapport pointe aussi le besoin d'une « harmonisation des codes fiscaux et des codes d'investissement » et de « réformes des systèmes de change entre les cinq pays membres ». La création d'une Banque maghrébine pour l'Investissement et le Commerce (BMICE) dont le projet a été présenté à la Commission européenne « invite à l'optimisme ». Ainsi, « matérialiser le rêve UMA » deviendrait possible, si les Maghrébins parvenaient à un dialogue politique serein, non « dominé par le syndrome sécuritaire » et à relever trois défis importants: l'immigration, l'intégrisme et la drogue. « Pour désactiver ces trois risques, ces rapports doivent évoluer vers un solide partenariat axé autour du développement, de la démocratie et de l'intégration maghrébine », conclut le rapport cité par le quotidien algérien, el-Watan. (FB)

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