Bruxelles, 29/01/2013 (Agence Europe) - Après sept mois de négociations avec les Européens sur un plan d'assistance financière pour Chypre, les regards se tournent de nouveau vers Moscou pour une éventuelle contribution additionnelle.
L'aide sollicitée par Nicosie souffre de désaccords au sein de la zone euro. D'abord sur le risque que pourrait présenter un défaut de cette économie, qui représente à peine 0,2% de la richesse de l'Eurozone. La BCE et la Commission européenne ne semblent pas convaincre Berlin de ne pas sous-estimer la menace d'une contagion liée à un tel défaut. Selon Michael Fuchs, membre du Bundestag issu du parti de la chancelière allemande, Angela Merkel, Chypre ne pose pas de risque systémique et ne devrait donc pas avoir accès au Mécanisme européen de Stabilité (MES), rapporte Bloomberg. Dimanche, le quotidien Der Spiegel rapportait pourtant que le président de la BCE, Mario Draghi, aurait contesté des propos similaires attribués au ministre allemand des Finances, Wolfgang Schaüble.
L'Allemagne, mais aussi les Pays-Bas, l'Autriche et la Finlande seraient, par ailleurs, sceptiques quant à la détermination de Nicosie à lutter contre le blanchiment d'argent, selon le Cyprus mail. Une délégation de députés chypriotes est à Bruxelles cette semaine pour informer le Parlement européen des actions prises en ce sens. Le ministre des Finances, Vassos Shiarly, qui assure de la transparence de son pays sur la question, doit se rendre jeudi à La Haye pour faire de même face aux députés néerlandais. La Commission rappelait pour sa part mardi que les mesures contre le blanchissement d'argent constituaient une condition sine qua non à l'aide européenne. Vu l'implication de la Russie dans l'économie chypriote, plusieurs leaders européens se sont prononcés pour un partage du fardeau avec Moscou. Selon le site EUBusiness, M. Shiarly aurait déclaré mardi sur une chaîne publique que la possibilité d'impliquer la Russie dans l'aide était à l'étude par les Dix-sept. Paris s'était déjà exprimée pour une présence russe à la table des négociations. (EL)