Bruxelles, 29/01/2013 (Agence Europe) - Comme il l'avait fait la veille lors du 40ème anniversaire de la Confédération européenne des syndicats (CES) (voir autre nouvelle), le commissaire chargé de l'euro, Olli Rehn, n'a pas remis en cause la stratégie européenne de lutte contre la crise qui privilégie l'austérité budgétaire, mardi 29 janvier lors d'une réunion conjointe entre parlementaires européens et nationaux (EUROPE n° 10772).
Même si les efforts de consolidation budgétaire ont un impact sur la croissance, « cela ne signifie pas que l'inverse se serait traduit par plus de croissance », a-t-il estimé. Selon lui, l'absence de consolidation budgétaire ces dernières années aurait fait monter en flèche les coûts de refinancement des États concernés, accroissant ainsi le poids du service de la dette et, par conséquent, mobilisant des deniers publics qui seraient mieux utilisés pour l'investissement. Un phénomène que le commissaire a appelé « l'effet confiance ». L'« excellente » étude des 2 économistes du FMI, qui reconnaît une sous-estimation de l'impact des mesures d'austérité, ne dit d'ailleurs pas qu'il faut en finir avec la consolidation budgétaire dans la mesure où l'impact des mesures varie « selon la durée et le contexte économique », a-t-il noté.
Outre la sous-estimation de l'impact récessif des mesures préconisées, Liêm Hoang-Ngoc (S&D, français) a reproché à M. Rehn de recommander une réduction des déficits publics 3 fois supérieure à ce que recommande le paquet '6 Pack' complétant le Pacte de stabilité et de croissance amendé. « Combien de temps allons-nous nous enfoncer dans l'erreur ? », a questionné un élu germanophone convaincu de la nécessité de réexaminer les politiques d'assainissement qui approfondiront la crise. (MB)