Bruxelles, 29/01/2013 (Agence Europe) - La Confédération européenne des syndicats (CES) a vivement condamné, mardi 29 janvier, le gouvernement grec pour avoir réquisitionné le métro d'Athènes dans le but de mettre fin à une grève. Le recours à la législation sur la réquisition civile, qui n'a « pratiquement jamais été invoquée depuis l'effondrement de la dictature militaire en 1974 », en vue d'exécuter des mesures d'austérité « est inacceptable », a estimé la CES.
La grève du métro grec. Le gouvernement grec a pris cette décision jeudi 24 janvier, au huitième jour de la grève. Le mouvement a été jugé « illégal et abusif » par la justice grecque et « corporatiste » par le ministre grec du Développement, Costis Hadzidakis. Les immenses difficultés pour la fluidité du trafic routier que la grève a engendrées dans la capitale semblent avoir poussé le gouvernement grec à invoquer une législation exceptionnelle, jusque-là peu utilisée. La réquisition du métro athénien, qui implique en même temps le licenciement des grévistes, a provoqué un tollé de protestations de la part des syndicats grecs. Des actions spontanées contre cette mesure se sont également propagées dans les autres secteurs du transport public.
Les syndicats grecs s'opposent à la baisse générale des salaires que le gouvernement veut généraliser dans tous les secteurs publics. Une mesure qui ne peut être imposée et doit être négociée, car la ligne des salaires est garantie par l'existence de conventions collectives, selon un des syndicats grecs. Mais pour le Premier ministre Antonis Samaras, tout le peuple grec doit faire « d'énormes efforts » et aucune « exception » ne peut être tolérée, a-t-il dit, en faisant référence aux salariés de la société publique qui gère le métro à Athènes.
Le chômage va continuer de croître. Invité par le Parlement européen, dans le cadre de la semaine parlementaire sur le Semestre européen pour la coordination des politiques économiques, mardi 29 janvier, le député Dimitris Kremastinos (Mouvement socialiste panhellénique - PASOK), président de la commission des affaires sociales du parlement grec, a affirmé que le point qui est aujourd'hui le plus préoccupant en Grèce n'est pas le taux de chômage (26%), qui est déjà le deuxième plus élevé en UE derrière l'Espagne (26,6%), mais la tendance avec laquelle ce taux ne cesse d'augmenter depuis deux ans. Selon lui, c'est une des conséquences d'une politique qui marie austérité et fiscalité lourde. Le chômage va continuer d'augmenter, car on est très loin d'une stabilisation, a-t-il conclu. (JK)