Bruxelles, 29/01/2013 (Agence Europe) - La Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, reçoit le 30 janvier le nouveau ministre indien des Affaires étrangères, Salman Khurshid.
La réunion de mercredi permettra d'évaluer les progrès accomplis dans la relation bilatérale depuis le dernier sommet UE/Inde, le 10 février 2012 à New-Delhi. Les discussions porteront essentiellement sur des questions de politique étrangère. « L'Inde est pour nous un partenaire d'une extrême importance dans sa région et dans les enceintes internationales. Depuis la signature du partenariat stratégique, notre coopération n'a cessé de monter en puissance », commentait mardi Mme Ashton, dans un communiqué.
Liés depuis 1994 par un accord de coopération, l'UE et l'Inde sont partenaires stratégiques depuis 2004. Leur coopération politique s'est renforcée depuis 2010 et porte une attention particulière aux questions de sécurité - incluant la cyber-sécurité, la lutte contre le terrorisme et la lutte contre la piraterie, et bientôt le désarmement et la non-prolifération - tout en poursuivant le dialogue sur la politique étrangère, mais aussi sur les droits de l'homme, qui se tient en Inde sur une base annuelle. Sur ce dernier chapitre, les questions des droits des minorités, des violences intercommunautaires, de la torture, de la peine de mort, du travail décent, des défenseurs des droits de l'homme et des droits des femmes sont particulièrement sensibles pour l'UE.
Avancer sur le libre-échange. Également liés par une quinzaine de dialogues sectoriels couvrant les questions économiques - dont l'agriculture, l'énergie, l'environnement, le développement durable et le climat, la science et innovation, l'enseignement et les échanges universitaires, les migrations, la mobilité, les échanges entre les peuples, la macroéconomie, les services financiers, les pharmaceutiques et la biotechnologie, l'UE et l'Inde négocient aussi depuis 2007 un accord bilatéral sur le commerce et l'investissement (BITA).
Européens et Indiens veulent dynamiser une relation commerciale qui a atteint 80 milliards d'euros d'échanges de marchandises en 2011 - quasi à l'équilibre pour les deux partenaires (les exportations de l'UE ayant atteint 40,4 milliards, celles de l'Inde 39,4 milliards) - et 20,4 milliards d'euros pour les services. Leur relation en matière d'investissement est également très importante.
L'UE et l'Inde n'ont officiellement fait part d'aucun progrès depuis le sommet de New-Delhi, où ils s'étaient engagés à boucler leurs négociations de libre-échange avant la fin 2012. Mais la Commission précise, dans un communiqué, qu'« un travail intensif se poursuit en vue d'achever les discussions dans les prochains mois ». De passage à Berlin le 28 janvier avant de se rendre à Bruxelles mercredi, M. Khurshid a souligné son engagement à « insuffler un mouvement nouveau » dans les négociations, avec ses partenaires européens.
À l'été 2012, l'UE et l'Inde rencontraient notamment des difficultés sur le chapitre des négociations lié aux services. Ils devaient aussi régler d'autres questions non moins sensibles, telles que l'automobile, les marchés publics, les vins et spiritueux, et la clause relative au développement durable.
Le BITA vise à libéraliser le commerce de marchandises - avec une baisse asymétrique des droits de douane sur 91 à 92% des produits européens contre 95% des produits indiens - et des services, et couvre aussi l'investissement, les marchés publics, les règles sanitaires et phytosanitaires, la concurrence, la propriété industrielle, les douanes et la facilitation du commerce. (EH)