Bruxelles, 22/01/2013 (Agence Europe) - Depuis le Conseil Affaires étrangères extraordinaire du 17 janvier, l'UE accélère ses préparatifs pour tous les volets de sa réponse à la crise politique, sécuritaire et humanitaire au Mali. Le comité politique et de sécurité de l'UE a été informé mardi 22 janvier des derniers éléments discutés la veille au sein de la plateforme de crise pour le Mali. « Il faut être bien coordonné et ne pas perdre de temps. Le message a été passé aux États membres. Il y aura autant de réunions de la plateforme de crise qu'il le faudra », ont déclaré mardi des hauts fonctionnaires de l'UE.
L'UE a des contacts avec les autorités maliennes pour accélérer la mise en place de la feuille de route pour un retour à l'ordre constitutionnel et démocratique. « L'UE va voir dans quelle mesure nous pourrons aider à la médiation et aux efforts de réconciliation », ont indiqué des hauts fonctionnaires de l'UE, confirmant qu'une décision était en cours pour la nomination d'un représentant spécial pour le Sahel. L'idée d'accueillir à Bruxelles, le 5 février, une réunion ministérielle du groupe international de soutien et de suivi de la situation au Mali que présiderait Catherine Ashton fait son chemin (EUROPE n° 10768). À ceux qui reprochent à l'UE de ne pas faire assez, ils répondent: « La France a envoyé des troupes, mais il faut former et restructurer les troupes maliennes. Nous avons beaucoup de contact avec Laurent Fabius. Il faut voir comment recréer le contexte propice au déploiement de la MISMA et de l'EUTM, tel qu'il était prévu avant l'avancée des rebelles. On nous a demandé un coup d'accélérateur. On fait ce qu'on nous a demandé. » Des négociations sont en cours en vue d'un accord sur le statut des forces de l'EUTM Mali (qui garantira à ces dernières l'immunité dans le respect du droit national et international), et le général François Lecointre, chef de l'EUTM Mali est arrivé à Bamako. Il fera rapport de sa mission en fin de semaine au comité de politique et de sécurité de l'UE (COPS).
La force africaine de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) étant en place, avec plus de 1 000 effectifs positionnés à Bamako, et quelque 2 000 soldats tchadiens arrivant par l'est, il convient d'accélérer la coordination de tous les efforts. « Le planning doit être très rapide. Nous constituons les quartiers généraux de la CEDEAO. Il faut préparer la logistique nécessaire à ces mouvements de troupes », ont indiqué les hauts fonctionnaires. Les contributions bilatérales aux demandes d'assistance formulées par la CEDEAO passent par le mécanisme de 'chambre de compensation' mis en place lundi à Bruxelles (EUROPE n° 10768). L'aide de l'UE arrivera dans un deuxième temps, via la facilité de paix pour l'Afrique et sera annoncée à la conférence internationale des donateurs qui aura lieu le 29 janvier à Adis Abeba, au lendemain du sommet de l'Union africaine.
Les besoins de la mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine (MISMA) sont estimés à quelque 400 millions de dollars (375 millions d'euros). « La moitié pour les forces maliennes, la moitié pour la force de la CEDEAO, mais c'est vraiment une estimation grossière », ont indiqué les hauts fonctionnaires. (AN)