Bruxelles, 22/01/2013 (Agence Europe) - Lors d'une conférence de presse commune avec le président français, François Hollande, à l'occasion des célébrations de 50 ans d'amitié franco-allemande, la chancelière Angela Merkel a annoncé, mardi 22 janvier à Berlin, que la France et l'Allemagne feront en mai des propositions pour stabiliser et renforcer l'union économique et monétaire.
« L'Allemagne et la France ensemble, nous souhaitons d'ici mai présenter des propositions, dans le cadre de la préparation du Conseil européen de juin, pour la stabilisation et le renforcement de l'union économique et monétaire », a déclaré Angela Merkel. « Des décisions seront à prendre dans les prochains mois pour approfondir l'union économique et monétaire. Nous y travaillons. Nous essaierons d'être le plus concret possible c'est-à-dire le plus utile pour que la croissance soit renforcée », a, de son côté, déclaré M. Hollande. « Nous aurons aussi à régler la question du budget de l'Europe. Il y a une part de responsabilité de la France et de l'Allemagne », a-t-il estimé.
Mme Merkel a affirmé que l'Allemagne et la France étaient conscientes de leur « grande responsabilité » afin « d'améliorer la situation dans l'Union européenne, surmonter la crise dans la zone euro, rendre possible la croissance économique, tout en défendant la valeur du modèle européen, c'est-à-dire être compétitif, fort économiquement tout en maintenant la cohésion sociale ». « Il faut aussi rendre ce modèle viable et apte à fonctionner à l'avenir », a-t-elle ajouté, affirmant que c'était l'objectif des « propositions concrètes » qui allaient être présentées par le couple franco-allemand.
« Il s'agira d'une coopération des politiques économiques plus étroite, avec pour objectifs la sécurité sociale, l'emploi, la croissance et la stabilité financière », a-t-elle expliqué.
À l'occasion du cinquantième anniversaire du traité d'amitié franco-allemande, mardi 22 janvier, le chef de file du groupe S&D au Parlement européen, Hannes Swoboda, a souligné les réalisations et les défis de cette alliance au cœur de l'Union européenne.
« Le Traité de l'Elysée signé il y a 50 ans demeure le pilier central de la coopération européenne. Depuis l'élection de François Hollande, la relation entre la France et l'Allemagne est plus équilibrée. La chancelière Angela Merkel n'impose plus l'austérité contre la croissance et l'emploi. L'hégémonie de Mme Merkel est terminée. »
M. Swoboda estime que la réduction des déficits « peut être combinée avec des politiques pour lutter contre le chômage. Des études montrent que sur le long terme, la réduction des déficits est efficace lorsqu'elle est réalisée par la création d'emplois ». Selon lui, la coopération franco-allemande est confrontée à de multiples défis. L'est de l'Europe doit être mieux intégré et la division entre l'Europe du nord et l'Europe du sud doit être évitée à tout prix. Et M. Swoboda de conclure: « L'Allemagne et la France doivent bâtir une politique de sécurité commune. Les récents développements au Sahel ont illustré la nécessité d'une action cohérente de l'Europe. Si la France et l'Allemagne empruntent ce chemin, la coopération franco-allemande ne sera pas seulement un succès historique mais elle continuera à être le pilier central d'une Europe unie. »
« La réconciliation franco-allemande avait été initiée dès le 9 mai 1950, par la déclaration de Robert Schuman. Le 22 janvier 1963, c'est l'amitié durable entre les deux pays qu'ont scellée Charles De Gaulle et Konrad Adenauer », a déclaré Joseph Daul, président du groupe PPE au Parlement européen. Il ajoute: « Grâce à la clairvoyance de deux hommes d'État, mais aussi grâce à tous les hommes et les femmes qui, des deux côtés du Rhin, ont contribué à construire cette nouvelle page de l'Histoire, France et Allemagne ont définitivement tourné la page de la guerre pour construire ensemble le projet européen. Depuis lors, le couple franco-allemand n'a jamais cessé de jouer un rôle fondamental de moteur et de force de proposition en Europe. » M. Daul souligne que cinquante ans après, le monde a changé, les défis à relever pour les pays européens aussi, mais la solution reste la même: c'est la poursuite du projet européen. « Le couple franco-allemand a un rôle décisif à jouer dans ce cadre, et plus que jamais, l'Europe a besoin d'un couple franco-allemand fort et uni », a conclu le président du groupe PPE.
Dans une déclaration commune, publiée lundi 21 janvier, à l'occasion du cinquantenaire du traité de l'Élysée, le ministre français de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, et son homologue allemande, Ilse Aigner, soulignent que « l'agriculture est un pilier de l'entente européenne ». Stéphane Le Foll indique que « l'agriculture a joué un rôle majeur dans la réconciliation franco-allemande. Aujourd'hui, les politiques qui concernent l'agriculture et le monde rural demeurent au cœur du projet européen ». (LC)