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Bulletin Quotidien Europe N° 10769
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) santÉ animale

Plaidoyer pour la fin de l'exportation d'animaux vivants

Bruxelles, 22/01/2013 (Agence Europe) - Trois organisations (Compassion in World Farming, Eyes on Animals et Animal Welfare Foundation) ont demandé mardi 22 janvier à la Commission européenne de mettre un terme à l'exportation, de l'UE vers des pays tiers, d'animaux d'élevage vivants, après des enquêtes ayant révélé des mauvais traitements infligés au bêtes.

Selon ces trois organisations européennes de protection des animaux, environ trois millions d'animaux d'élevage sont exportés chaque année vers des pays tiers. Les animaux sont exportés notamment vers la Turquie, le Proche-Orient, la Russie, l'Ukraine, Israël, ou le Moldova. Certains des animaux sont exportés en vue de l'abattage, d'autres pour l'engraissement ou la reproduction.

Les enquêteurs d'Eyes on Animals, Animal Welfare Foundation et Compassion in World Farming ont rassemblé des preuves sur les graves problèmes de protection des animaux rencontrés lors des longs trajets. Un documentaire mettant en lumière les souffrances occasionnées aux animaux a été envoyé au commissaire européen Tonio Borg. Les associations de protection des animaux demandent à la Commission de mettre fin à ce commerce et aux subventions de l'UE qui y sont liées (subventions à l'exportation). Les États membres concernés par ces exportations sont le Danemark, l'Allemagne, les Pays-Bas, l'Autriche, l'Irlande, la France, l'Espagne, la Grèce, la République tchèque, la Slovaquie, la Hongrie, la Pologne, la Bulgarie, la Roumanie, la Lituanie, la Lettonie et l'Estonie.

Les enquêteurs ont découvert notamment un camion transportant des taureaux en provenance de Lettonie. Les animaux étaient destinés à l'abattage en Irak, ce qui représente un trajet de 4 600 km. Ce camion a été bloqué à la frontière entre l'UE et la Turquie pendant 6 jours et demi. Pendant tout ce temps, les taureaux sont restés enfermés dans le camion.

Une partie du commerce entre l'UE et les pays tiers, l'exportation de bovins de reproduction, est généreusement subventionnée par les contribuables européens. L'UE soutient les exportateurs à hauteur d'environ 9 millions d'euros par an pour encourager ce commerce. En moyenne, 80 000 bovins par an sont exportés avec des subventions. « Il est moralement inacceptable que l'argent public soit utilisé pour promouvoir un commerce qui se traduit souvent par des souffrances », écrivent les organisations.

Il est reproché à la Commission de chercher activement à augmenter ce commerce plutôt qu'à y mettre fin. Dans un rapport de 2012, la Commission félicite la Turquie pour avoir augmenté ses importations de bovins vivants européens, et l'invite à accroître ce type d'importations.

Selon les chiffres fournis par ces organisations: - par an, environ 70 000 bovins sont transportés de l'UE vers le Liban sur de longs trajets (en provenance surtout de France et d'Espagne) ; - la France exporte près de 30 000 têtes de bétail par an vers l'Algérie, la Tunisie et le Maroc ; - la Lituanie et la Hongrie exportent environ 50 000 bovins par an en Israël ; - l'UE (surtout Roumanie et Espagne) envoie plus d'un demi million de moutons par an en Libye ; - plus de 600 000 porcs (surtout danois et allemands) sont envoyés chaque année de l'UE vers la Russie ; - l'Allemagne et les Pays-Bas ont vendu un demi million de porcs par an aux pays de l'ex-Yougoslavie ; - l'Allemagne exporte 100 000 porcs par an vers l'Ukraine et le Moldova. (LC)

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