Bruxelles, 19/12/2012 (Agence Europe) - Les Européens et les Russes vont tenter d'intensifier leurs relations lors de leur 30ème sommet des 20 et 21 décembre 2012 mais aucune grande avancée n'est attendue. « Il n'y aura pas de signature de documents mais des références seront faites sur un nombre assez important d'arrangements bilatéraux prêts à être signés, ou préparés pour être signés », a expliqué l'ambassadeur russe auprès de l'UE, Vladimir Chizhov.
Russie et UE discuteront du nouvel accord visant à remplacer l'accord de coopération et de partenariat de 1997, que l'UE souhaite « ambitieux et global » et de leur partenariat pour la modernisation. Selon l'ambassadeur russe, les négociations pour un nouvel accord en sont à une « pause technique », liée aux procédures d'adhésion de la Russie à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et à la « digestion » de cette adhésion, « ce qui explique pourquoi la Russie n'est pas pleinement préparée à un autre saut concernant la libéralisation de ses liens économiques et commerciaux avec l'UE ». Il a aussi souligné que l'intégration de l'union douanière de la Russie fait que de nombreuses questions sont déléguées à un niveau supranational et qu'il faut donc « trouver l'interface appropriée pour les négociations avec l'UE ». Mais les discussions continuent de manière informelle, a-t-il ajouté.
L'adhésion à l'OMC sera discutée lors du sommet. Les Européens veulent que la Russie respecte les règles de l'organisation. Un diplomate européen a mis en avant les taxes à l'importation de véhicules depuis l'UE (recycling tax) et le transport des animaux vivants de l'UE vers la Russie. Le président russe, Vladimir Poutine, devrait présenter les priorités de son pays qui a pris la tête du G20 le 1er décembre. La situation économique et financière dans l'UE et en Russie, en lien avec la crise, sera aussi discutée.
La coopération énergétique sera abordée, avec la question du gazoduc South Stream, tout comme le 3ème paquet énergie, pour lequel l'UE et la Russie sont en conflit car Moscou considère qu'il ne devrait pas s'appliquer aux projets qui ne concernent pas que l'UE, et qu'il est contraire aux règles de l'OMC.
Les dirigeants devraient faire le point sur les avancées en faveur de la mobilité et des visas. Les discussions devraient porter sur le nouvel accord sur la facilitation des visas, proche d'être conclu, même si des questions se posent toujours au niveau des passeports dits de service. La Russie souhaite des avancées sur un régime sans visa pour tous, auquel plusieurs États européens sont encore opposés, et menace de réintroduire la nécessité de visa pour le personnel navigant s'il n'y a pas de progrès sur la question.
Les questions de politique étrangère, telles que la Syrie, le processus de paix au Proche-Orient, le nucléaire iranien, les Balkans et les conflits gelés sont aussi au programme. Concernant la Syrie, un diplomate européen a précisé qu'il faut être « réaliste sur la possibilité d'arriver à une cohérence de positions ». L'UE et la Russie devraient aussi s'entretenir de la gestion de crise et d'une base appropriée de coopération. Au programme également: les droits de l'homme dans l'UE et en Russie.
Le sommet commencera par un dîner de travail ce jeudi et se poursuivra vendredi avec une plénière suivie d'un déjeuner de travail. (CG avec SP)