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Bulletin Quotidien Europe N° 10748
AU-DELÀ DE L'INFORMATION / Au-delà de l'information, par ferdinando riccardi

Répercussions en Europe de la démission de Mario Monti en Italie - Une situation difficile que l'UE doit clarifier d'urgence

Éloignement, ou passage à la vie politique active ? Quelles vont être les répercussions pour l'UE de la décision de Mario Monti de démissionner du poste de Premier ministre dans son pays ? Il faut faire une distinction entre les répercussions immédiates, à partir du Conseil européen de la fin de cette semaine, et celles à plus long terme, qui dépendront des décisions que M. Monti lui-même va prendre à propos de son avenir politique personnel.

Les opinions des observateurs ne sont pas uniformes. Les uns estiment que les répercussions seront négatives car le rôle de M. Monti a été essentiel pour rétablir la confiance européenne en son pays dans le cadre de la zone euro ; et ce rôle va disparaître ou rester en suspens. D'autres observateurs prévoient au contraire que M. Monti va enfin dépasser le stade de chef d'un gouvernement «technique», pour se présenter comme candidat aux élections nationales prévues pour le mois de février. Dans ce cas, si le peuple italien le désigne, il pourra compléter et concrétiser les réformes en cours au niveau national, et en même temps consolider et renforcer la participation de son pays à la gestion et à la consolidation de la zone euro.

Mais une période d'incertitude est inévitable, et cette incertitude va se répercuter au niveau européen.

Pourquoi ? Parce que M. Berlusconi à annoncé qu'il est candidat (contrairement à ce qu'il avait d'abord prévu) et qu'il soutiendra, notamment à propos de la gestion de l'euro, une attitude opposée à celle de M. Monti. Angelino Alfano, secrétaire du parti de M. Berlusconi, a annoncé que l'appui parlementaire au gouvernement «technique» actuel était terminé, en ajoutant des critiques virulentes à l'action politique de Mario Monti. Ce dernier a alors informé le président de la République, Giorgio Napolitano, de sa décision irrévocable de présenter sa démission, qui sera effective avant Noël ou tout de suite après. La suite des évènements sera automatique: élections en février prochain

Un référendum italien sur l'Europe ? Il reste à savoir si Mario Monti, n'étant plus lié par les limites du gouvernement technique, sans soutien parlementaire personnel, décide de se lancer dans la vie politique active. Il doit faire son choix très vite, car à Bruxelles la gestion de l'euro ne peut pas attendre. Sa participation aux élections nationales présuppose l'existence d'un mouvement politique organisé, ainsi que des alliances avec d'autres partis politiques.

Il y a urgence car la zone euro doit savoir s'il existe une Italie favorable à la politique financière et économique de M. Monti, en harmonie avec les efforts communs de la zone euro. En pratique, les élections de février en Italie deviendraient une sorte de référendum italien sur l'Europe. On saurait si la zone euro peut compter sur une Italie qui participe activement aux efforts européens de redressement politique et économique et qui considère cette politique comme un commencement de l'avenir.

Mais M. Monti ne s'est pas encore exprimé. Va-t-il faire le grand pas ? Lundi il était à Oslo, pour participer à l'octroi à l'Europe du prix Nobel de la paix. En fin de semaine il participera au Conseil européen qui prépare l'avenir. L'Europe a besoin de ses réponses, de connaître l'orientation italienne.

(FR)

 

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