Bruxelles, 10/12/2012 (Agence Europe) - Pointée du doigt par Bruxelles pour ses mesures restrictives, Moscou s'en prend à la législation européenne sur l'énergie.
L'UE et la Russie ont, selon le ministère russe du Développement économique, entamé à l'OMC des négociations sur leurs différends commerciaux. « Les deux partenaires partagent des visions différentes sur l'adoption de plusieurs mesures réciproques qui, de leur point de vue, ne relèvent pas de leurs obligations à l'OMC », a expliqué un haut responsable du ministère russe, Maxim Medvedkov, cité par l'agence de presse russe Interfax. Les négociateurs européens et russes se sont réunis les 6 et 7 décembre à Genève.
Côté européen, le commissaire Karel De Gucht a réitéré ses critiques, le 5 décembre dernier, sur le non respect des engagements de la Russie à l'OMC, pointant du doigt le décret russe sur les frais de recyclage pour les voitures importées, l'interdiction d'importer des animaux vivants en provenance de l'UE, la décision russe d'augmenter le niveau des droits de douane sur des centaines de produits importés, et le maintien de coûts procéduraux élevés pour exporter du bois à des droits de douane moins élevés prévus par un accord bilatéral préalable à l'adhésion à l'OMC. « Nous voulons voir ces problèmes résolus dès que possible », avait averti De Gucht mercredi, n'excluant pas un recours au mécanisme des différends de l'OMC.
La Russie s'inquiète de son côté de mesures antidumping de l'UE et des restrictions sur le transit de certains de ses produits chimiques. Surtout, Moscou continue de contester le 3ème paquet législatif de l'UE pour la libéralisation du marché intérieur de l'énergie, qu'elle envisage de porter à l'OMC. Depuis son adoption en 2009, Moscou refuse de se conformer aux exigences du 3ème paquet, qui impose la séparation des activités de fourniture et de transport des opérateurs énergétiques (unbundling) et contraindrait ce faisant le gazier russe Gazprom à modifier la structure de ses actifs en Europe. La querelle sur ce dossier s'est envenimée au début septembre avec le lancement par l'exécutif européen, suite à une plainte de la Lituanie, d'une enquête visant le gazier russe pour abus de position dominante et manipulation des prix dans plusieurs pays d'Europe centrale et orientale, très dépendants des livraisons de gaz russe.
La Russie a adhéré à l'OMC en août cette année après 18 ans de négociations. (EH)