Bruxelles, 10/12/2012 (Agence Europe) - La Commission européenne a pris bonne note, lundi 10 décembre, de la décision prise par Athènes de poursuivre son opération de rachat de titres de dette encore détenus par des investisseurs privés jusque ce mardi midi. « Nous sommes confiants qu'il y a toujours des possibilités d'offres par des investisseurs nationaux et internationaux », a indiqué Simon O'Connor, porte-parole du commissaire chargé de l'euro Olli Rehn.
L'agence de gestion de la dette grecque (PDMA) a annoncé, lundi, que la période de validité de l'offre proposée aux investisseurs privés qui détiennent toujours des obligations souveraines grecques expirerait ce mardi midi. La première phase de cette opération, qui a pris fin vendredi 7 décembre à 17h, a permis de recueillir 26,5 milliards d'euros pour le rachat de titres à 33,4% de leur valeur faciale, selon l'agence Reuters. Soit trois milliards de moins que l'objectif que s'est fixé le pays. Cet écart devrait pouvoir être couvert par la participation des banques grecques, qui détiennent environ 17 milliards d'euros de titres et qui auraient d'ores et déjà offert d'en céder pour une valeur de 10 milliards. Les conseils d'administration de ces banques s'étaient montrés prêts, vendredi, à céder jusqu'à 100% des obligations de leur portefeuille.
M. O'Connor a également rappelé que le succès de ce rachat faisait « partie intégrante de l'accord de l'Eurogroupe » de la fin novembre visant à permettre de ramener la dette grecque à des niveaux soutenables (EUROPE n°10739). Les résultats de cette opération seront analysés par les Dix-sept lors de l'Eurogroupe du jeudi 13 décembre. Cette réunion devrait ouvrir la voie au versement d'une tranche de 34, 4 milliards d'euros dont 23,8 milliards seront affectés à la recapitalisation du secteur bancaire grec.
Via cette opération de rachat, la Grèce vise à alléger sa dette publique d'environ 20 milliards d'euros, ce qui devrait contribuer à l'objectif d'un ratio/PIB de 124% d'ici 2020, conformément au compromis arraché le 27 novembre dernier avec le Fonds monétaire International (FMI).
Pour satisfaire les créanciers internationaux et obtenir un futur versement d'un peu plus de 9 milliards d'euros en 2013, Athènes doit également mettre en œuvre tout un panel d'actions prioritaires. Y figure une réforme fiscale qui crée des remous au sein de la coalition gouvernementale grecque. Le ministre des Finances grec, Yannis Stournaras, a expliqué vendredi dans un entretien au quotidien grec Ekathimerini que dans les 13,5 milliards d'euros que la Grèce devrait économiser en 2013 et 2014, environ 3 milliards devraient provenir d'un accroissement des revenus. Selon M. Stournaras, la 'troïka' (Commission européenne, FMI, BCE) des créanciers institutionnels de la Grèce aurait jugé insuffisante la lutte contre l'évasion fiscale pour y parvenir. La proposition présentée aux partis était alors de taxer à 21% les revenus annuels allant jusque 25 000 euros, 36% les revenus entre 25 000 et 48 000 euros et 45% les revenus supérieurs à 48 000 euros. Pour ne pas que les revenus qui se trouvent à la limite d'une de ces tranches se retrouvent lésés, le compromis proposé par la troïka serait alors de taxer à 45% les revenus supérieurs à 26 000 euros avec une réduction d'impôt d'un peu moins de 2000 euros. (EL)