Bruxelles, le 24/10/2012 (Agence Europe) - « Des progrès substantiels ont été faits dans nos discussions avec le gouvernement grec mais quelques problèmes en suspens demeurent avant de conclure un accord au niveau technique », a indiqué un porte-parole de la Commission européenne à propos des négociations en cours entre le gouvernement grec et la 'troïka' (Commission européenne, BCE, FMI), mercredi 24 octobre. Il a aussi jugé « prématuré » de se prononcer sur l'octroi d'un délai de deux ans pour atteindre les objectifs de réduction du déficit, une demande de longue date des autorités grecques. Une telle décision relève de la compétence de l'Eurogroupe sur la base des conclusions du rapport de la 'troïka', a-t-il ajouté.
Cette information corrobore les propos tenus plus tôt dans la journée par un membre du directoire de la BCE, Jörg Asmussen, qui après avoir nié un accord, a indiqué qu'un délai supplémentaire signifiait également davantage de moyens financiers, à charge des pays de la zone euro. Pour le président de la BCE, Mario Draghi, « des progrès ont été réalisés, mais certains éléments restent à préciser ».
Yannis Stournaras, le ministre grec des Finances, a annoncé devant le parlement national être parvenu à un accord avec les représentants de la troïka sur le paquet de 13,5 milliards d'économies requises en échange du versement de la prochaine tranche d'aide de 31,5 milliards, rapporte la presse grecque. M. Stournaras aurait également précisé avoir obtenu deux ans pour qu'Athènes réduise son déficit.
Le train de mesures sur lequel se mettront d'accord les parties devra être avalisé par le parlement grec. Le ministère des Finances devrait présenter deux projets de loi dès la semaine prochaine en vue d'un vote avant le 12 novembre, date à laquelle les ministres des Finances de la zone euro se réuniront.
Mardi soir, la réunion entre les partis de la coalition gouvernementale s'était soldée par un échec, les partenaires du Premier ministre grec, Antonis Samaras, restant fermement opposés aux exigences de la 'troïka' sur les réformes du marché du travail. Selon une source grecque toutefois, « l'accord sera voté » par les partis Pasok et Dimar, car ils savent que « c'est leur dernière chance » d'obtenir la prochaine tranche d'aide avant le 16 novembre, date à laquelle, selon M. Samaras, les caisses de l'État seront vides. Fotis Kouvélis (Dimar) avait pourtant déclaré mardi qu'il ne voterait pas en faveur de mesures qui « mettent à bas ce qu'il reste des droits des travailleurs ». Même son de cloche du côté d'Evangélos Vénizélos (Pasok), pour qui les réformes « ne contribuent en rien à notre objectif » ou à la « compétitivité » du pays. (EL)