Bruxelles, 24/10/2012 (Agence Europe) - Entre 2010 et 2011, tandis que la croissance de l'économie de l'UE connaissait globalement une hausse de 1,5 %, les émissions de gaz à effet de serre (GES) de l'Union européenne ont baissé en moyenne de 2,5 %, selon les premières estimations publiées mercredi 24 octobre par l'Agence européenne de l'environnement (AEE) pour l'année 2011. Autre bonne nouvelle, les États membres, dans leur quasi-totalité, et l'UE prise collectivement, sont en voie de respecter leurs engagements au titre du protocole de Kyoto, selon le rapport annuel de progrès publié le même jour par la Commission européenne, en même temps que sortait un autre rapport de l'AEE analysant les tendances et projections des émissions de gaz à effet de serre en Europe en 2012.
Le niveau d'émissions de 2011 confirme la tendance à la réduction des émissions observée depuis 2004 et le découplage réussi entre croissance économique et niveau d'émissions puisqu'en dépit d'une augmentation du PIB de 48 % depuis 1990, les émissions de gaz à effet de serre de l'UE- 27 ont enregistré une baisse de 18 %.
« L'UE progresse dans la réalisation de son objectif de Kyoto. Ces chiffres prouvent une fois de plus que les émissions peuvent être réduites sans qu'il faille sacrifier l'économie. Maintenant il est important de garder le cap car atteindre une réduction de 20 % à l'horizon 2020 (par rapport à 1990) ne se fera pas tout seul », commente Connie Hedegaard, commissaire à l'Action pour le climat. L'hiver chaud qu'ont connu bon nombre de pays a été l'un des éléments clés de la réduction des émissions en 2011, la demande en combustibles fossiles à des fins de chauffage s'étant avérée plus faible que les années précédentes.
« L'Union européenne dans son ensemble dépassera les objectifs fixés à Kyoto. La première période d'engagement du Protocole de Kyoto prendra fin dans deux mois. D'importants progrès ont été réalisés depuis 1997, mais tous les États membres doivent tenir leurs engagements », souligne, pour sa part, Jacqueline McGlade, directrice exécutive de l'AEE.
D'après les estimations de l'AEE (dans son rapport intitulé 'Inventaire approximatif des émissions de GES, premières estimations pour 2011'), les réductions les plus importantes ont été enregistrées dans des pays dont les émissions représentent une proportion moyenne ou faible des émissions totales de GES (13 % pour Chypre, 8 % pour la Belgique, la Finlande et le Danemark). Avec une réduction de 6 % de ses émissions, le Royaume-Uni est le pays qui a réduit les plus ses émissions en termes absolus, suivi par la France (une réduction de 5 %) et l'Allemagne (une réduction de 2 % de ses émissions). Dans neuf États membres de l'UE, les émissions ont en revanche augmenté (dont la Bulgarie + 11 %, la Lituanie + 3 %, la Roumanie + 2 %) ce qui n'empêche pas ces pays d'avoir globalement enregistré les réductions d'émissions les plus importantes depuis 1990. Les chiffres de l'AEE seront consolidés avant la fin du premier semestre 2013 dans le cadre de l'inventaire des émissions de gaz à effet de serre de l'UE qui permettra de réaliser une analyse complète des tendances relatives aux émissions dans les États membres de l'UE.
Les secteurs ayant le plus contribué à la réduction des émissions sont les secteurs résidentiel et commercial, qui ne sont pas couverts par l'ETS. Si l'on exclut l'aviation internationale, comme c'est le cas au titre du protocole de Kyoto, les émissions de l'UE ont diminué de 17,5 % depuis 1990. D'après les prévisions des États membres, si l'on tient compte des politiques et mesures actuellement mises en œuvre, les émissions de l'UE devraient continuer de baisser jusqu'à enregistrer en 2020, une réduction de 19 % par rapport aux niveaux de 1990. (AN)