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Bulletin Quotidien Europe N° 10715
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) femmes

Heure de vérité pour Reding et le quota dans les entreprises

Bruxelles, 22/10/2012 (Agence Europe) - Le Collège des commissaires pourrait balayer du revers de la main la proposition d'introduire un quota de 40% de femmes dans les conseils d'administration des entreprises européennes cotées, que la commissaire Reding entend lui soumettre ce mardi. Les tenants du quota pourraient ne pas être suffisamment nombreux pour contrer les commissaires libéraux qui ne veulent pas entendre parler de la proposition de Viviane Reding. Dans ce cas, la proposition législative, bien que prête, ne verrait pas le jour. Dans le cas contraire, elle serait toujours menacée au Conseil par une minorité qualifiée de pays ayant déjà communiqué leur intention de bloquer le quota de femmes.

En marge de la session plénière du Parlement européen à Strasbourg, les commissaires se réunissent, ce mardi et devraient discuter de la proposition législative de leur collègue aux Droits fondamentaux. Mme Reding défend de longue date l'idée d'un quota transitoire, et ce pour casser le plafond de verre qui empêche les femmes d'obtenir des postes à hautes responsabilités. Elle devrait présenter cela avec quatre autres commissaires Olli Rehn (économie), Michel Barnier (finance), Antonio Tajani (industrie) et Laszlo Andor (social). Le commissaire Almunia à la Concurrence serait aussi un partisan du quota, a affirmé à EUROPE un porte-parole de la Commission. Mais nombreux sont les autres commissaires qui s'opposent à cette idée, arguant que les États membres doivent choisir individuellement la meilleure façon de remédier au déséquilibre observé. C'est le cas notamment du Commissaire Oettinger (énergie). Et aussi, de façon surprenante, de nombreuses femmes comme la Haute représentante de l'UE aux affaires étrangères, Catherine Ashton, mais aussi Neelie Kroes (télécoms), Connie Hedegaard (climat) , Máire Geoghegan-Quinn (recherche) ou Cécilia Malmström (affaires intérieures), avance le Financial Times dans son édition du lundi 22 octobre. Au total, le quotidien comptabilise 11 commissaires, de tendance plutôt libérale, qui pourraient s'opposer à une telle mesure. Une source officielle européenne affirmait aussi que la minorité bloquante camperait fermement sur ses positions.

L'absence de consensus est telle que le texte pourrait nécessiter un vote, ce qui serait une première sous le mandat de José Manuel Barroso. Aussi tous les commissaires ne seront-ils pas présents à Strasbourg, le vote pourrait donc se dérouler en comité restreint et jouer en défaveur de Mme Reding. Si le Collège décide de ne pas soutenir sa proposition, elle ne sera dès lors pas présentée demain, bien que la conférence de presse à Strasbourg soit à ce stade toujours maintenue. La Commissaire s'activait, lundi sur son compte Twitter, pour convaincre ses homologues réfractaires. Aussi, même si le quota passe le cap de la décision collégiale, le Conseil mènera sans aucun doute encore la vie dure à ce paquet législatif. Une minorité qualifiée de neuf États membres, sous la houlette du Royaume-Uni, ont déjà manifesté leur intention de rejeter la proposition (EUROPE n° 10702). Mais les gouvernements français, belge, italien et autrichien ont aussi en retour manifesté leur ferme soutien à Mme Reding. (MD)

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