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Bulletin Quotidien Europe N° 10715
Sommaire Publication complète Par article 32 / 32
SUPPLÉMENT HEBDOMADAIRE / Bibliothèque européenne

N° 976

*** FRANCOIS SAINT-OUEN: L'avenir fédéraliste de l'Europe II. Du Traité de Maastricht à celui de Lisbonne - Sur les traces de Dusan Sidjanski. Groupe De Boeck - Éditions Bruylant (4 Fond Jean-Pâques, B-1348 Louvain-la-Neuve. Tél.: (32-10) 482511 - fax: 482693 - Courriel: commande@deboeckservices.be - Internet: http://www.bruylant.be ). Collection « Centre Européen de la Culture ». 2011, 333 p., 45 €. ISBN 978-2-8027-3088-0.

Cet ouvrage aurait pu porter deux signatures puisqu'il prolonge L'avenir fédéraliste de l'Europe que Dusan Sidjanski avait publié en 1992 avant de le réactualiser dans une version anglaise (The Federal Future of Europe) en 2000. Toutefois, celui qui est aujourd'hui un proche conseiller du président Barroso a préféré, vu l'importance et la cohérence du travail accompli par son ancien élève à l'Institut européen de l'Université de Genève, que la seule signature de celui-ci y figure. Et pour bien manifester l'estime qu'il porte à celui qui, tout comme lui, fut un proche du penseur Denis de Rougemont, le fondateur du Département de science politique de la même Université a pris la peine d'écrire à la fois une préface et une postface où il remet des points sur le i de fédéralisme (lequel « ne s'efforce pas de détruire l'État mais se donne pour but d'en faire un échelon dans la fédération », étant en outre à la fois « un esprit et une méthode avant d'être un système organisateur de nos sociétés ») et envisage l'avenir à la lumière des potentialités du Traité de Lisbonne et, dans le contexte de crise que nous connaissons, des potentialités offertes par ce que Denis de Rougemont appelait la… « pédagogie des catastrophes ».

Dans ces pages, François Saint-Ouen analyse le rôle de l'approche fédérative dans l'environnement actuel et apporte des éclairages nouveaux sur certains aspects fondamentaux de cette doctrine politique dont certains ont été jusqu'à vouloir proscrire le nom, alors qu'elle n'est jamais, selon lui, que « la théorie et la mise en pratique des libertés organisées ». Sans aucunement verser dans le militantisme, il commence par rappeler ce qu'est le fédéralisme à travers les exemples des États-Unis, de l'Allemagne et de la Suisse. Il montre aussi que le fédéralisme institutionnel qui était cher aux pères fondateurs des États-Unis et à Altiero Spinelli, outre qu'il se décline de manière différente, n'est pas le seul: il décrit utilement les ambitions carrément sociétales qui se retrouvent dans l'école dite « personnaliste » ou « intégrale », laquelle pourrait faire son miel, d'après lui, des réseaux citoyens virtuels désormais permis par la Toile. Puisque « le fédéralisme est essentiellement un respect du réel et se nourrit de pragmatisme », l'auteur le jauge ensuite à la lumière de la dislocation de l'ex-Yougoslavie et de l'avenir du Kosovo, ainsi que de la manière dont sont relevés les défis environnementaux et énergétiques. Dans les chapitres qui suivent, il analyse méthodiquement les innovations et les insuffisances des Traités d'Amsterdam et de Nice, ainsi que celles de la (pseudo-)Constitution avortée. Par la suite, il met en relief le rôle essentiel que peut jouer, dans une perspective fédéraliste, la Commission du fait de son potentiel en termes de leadership et de « moteur de l'intégration », avant d'envisager de manière prospective tant la Politique étrangère et de sécurité que les nouveaux élargissements potentiels.

Les trois derniers chapitres sont ceux qui sont les plus en phase avec les crispations et interrogations du moment. François Saint-Ouen y confirme, par exemple, que le fédéralisme ne peut fonctionner de manière efficace « sans la présence d'un noyau fédérateur formel ou informel », ce qui lui permet de souligner que « Europe à deux vitesses, à géométrie variable, à la carte, Europe flexible, cercles concentriques, noyau dur, etc. » ne sont pas des concepts interchangeables, certains d'entre eux étant même dangereux. Il propose ensuite de revivifier le « pacte » qui « est étymologiquement l'essence du fédéralisme », proposant notamment de « réduire l'anomalie du fédéralisme à l'envers » (l'Union se perd dans des méandres techniques et abandonne la sphère de la « haute politique », ce qui ne contribue pas pour rien à l'incompréhension des citoyens) et, à cette fin, d'amener la Commission à déléguer ses prérogatives réglementaires et administratives à des agences extérieures. Il invite aussi à s'attaquer au « talon d'Achille » de la construction européenne qu'est la nécessité de l'unanimité pour changer de traité. Son idée la plus novatrice procède de cette conviction qui a été partagée par Monnet, de Rougemont et, plus près de nous, Bronislaw Geremek: « Il n'y aura pas de véritable Europe sans Européens », ce qui pose selon lui la question du rôle de l'éducation, de la formation et de la promotion du civisme dans la construction européenne. Les propositions qu'il formule pour corriger le tir en la matière sont de bon sens et confirment qu'un esprit fédéraliste « se nourrit de pragmatisme », ce qui n'est pas le cas des esprits souverainistes qui, pourtant, ne cessent de se gargariser de ce terme. Cherchez l'erreur !

Michel Theys

*** Fedechoses… pour le fédéralisme. Presse fédéraliste (Maison de l'Europe et des Européens, 13 rue de l'Arbre sec, F-69001 Lyon. Internet: http://www.pressefederaliste.eu ). Septembre 2012, n° 157, 36 p., 8 €. Abonnement annuel: 30 €.

À l'approche de son quarantième anniversaire, cette revue fédéraliste pugnace dans l'argumentation et la défense de ses idées laisse le soin à un grognard du fédéralisme, Jean-Pierre Gouzy, le soin de sonner la charge dans ce numéro. Le vieux bretteur s'attaque sabre au clair au président Barroso, coupable d'avoir une nouvelle fois opté « pour une stratégie ( ?) de contournement qui sied (…) à son personnage » en resservant au Parlement européen le « succédané du vieux projet delorien en forme d'oxymore » qu'est le concept d'Etats-nations alors qu'il eût pu « tout simplement » évoquer « la perspective d'une fédération européenne ». Peu importe, il a ainsi montré que le débat était rouvert et il redonne « aux fédéralistes des raisons nouvelles de mener leur combat à maturité, en plaçant chacun devant ses responsabilités », cette balle ayant été saisie au bond, à l'évidence, par Daniel Cohn-Bendit et Guy Verhofstadt. A noter également, dans cette édition, une contribution de l'historien Sergio Pistone qui, dans la perspective des élections européennes de l'an prochain, explique que l'Europe se trouve entre Fédération « immédiate ou désintégration », Robert Toulemon affirmant pour sa part que « le saut fédéral pourrait bien être, pour les gouvernements, l'ultime chance de sauver l'euro et, avec la monnaie commune, la forme d'intégration la plus avancée à laquelle ils soient parvenus », ce qui serait aussi le moyen de restaurer la confiance, « aujourd'hui défaillante », dans le projet européen.

(MT)

*** Maastricht Journal of European and Comparative Law. Intersentia (31, Groenstraat, BE-2640 Mortsel. Tél.: (32-3) 6801550 - fax: 6587121 - Courriel: mail@intersentia.be - Internet: http://www.intersentia.com ). 2012, vol. 19, n° 2, 120 p.. Abonnement annuel: 195 €, 185,25 £, 273 $.

Ce numéro d'une belle revue consacrée au droit européen et comparé est tout entier consacré aux racines du pluralisme juridique, de l'unité et des éléments de diversité qui ont toujours caractérisé le droit en Europe. A travers six contributions sélectionnées, il rend compte de la conférence qui a été organisée voici un an et demi à la Faculté de droit de l'Université de Maastricht par l'Association des jeunes historiens du droit. Cette rencontre visait précisément à explorer les traditions européennes afin de voir si la situation actuelle se caractérise par « intégration ou désintégration » par rapport au passé. A titre d'exemple, le chercheur Egbert Koops (Université de Leyden) établit ainsi un parallèle entre la citoyenneté européenne qui a vu le jour dans le Traité de Maastricht de 1992 et la « Constitutio Antoniniana » par laquelle le l'empereur Caracalla a rendu la citoyenneté romaine « universelle », constatant que celle-ci n'a pas affecté les privilèges des citoyens historiques et que celle-là reste complémentaire à la citoyenneté de l'un des États membres de l'Union. Deux autres chercheurs s'intéressent à la souveraineté juridique des pays de l'ex-Yougoslavie au fil du temps, ce qui leur permet de soutenir qu'ils sont en meilleure posture pour la défendre dans le cadre de leur intégration à l'Union européenne que ce ne fut le cas sous la monarchie des Habsbourg ou dans la Yougoslavie monarchique ou fédérative.

(MT)

*** RUDOLF REZSOHAZY: Émergence des valeurs communes aux Européens à travers l'histoire. L'Harmattan (5-7, rue de l'École polytechnique, F-75005 Paris. Courriel: diffusion.harmattan@wanadoo.fr - Internet: http://www.librairieharmattan.com ). Collection "Pour comprendre". 2012, 219 p., 23 €. ISBN 978-2-296-96552-2.

Trente-cinq années durant, Rudolf Rezsohazy a donné à l'Université catholique de Louvain un cours d'histoire de la civilisation occidentale. Ce parcours d'enseignant au croisement de l'histoire, de la sociologie et de la science politique le prédisposait tout naturellement à s'interroger sur l'existence, oui ou non, d'une identité européenne et, dans l'affirmative, sur la nature de notre culture. Autrement dit, l'enjeu de ce livre était de voir s'il existe des valeurs communes au niveau européen et, si oui, comment celles-ci se lient aux valeurs régnantes dans d'autres sphères. Son travail lui permet de montrer que quarante-sept valeurs communes ont émergé au cours de l'histoire du continent. En les puisant dans les différents héritages (antiquité, christianisme, Moyen-âge, Renaissance et Réforme, progrès scientifique et économique, Lumières, capitalisme, mouvements sociaux…), elles vont de l'émergence, dans la Grèce antique, de la pensée scientifique et de l'acquisition des connaissances au droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et au devoir d'intervention en passant notamment, au fil des siècles, par l'affirmation de la raison, du pluralisme, de la démocratie et des droits de l'homme, de la justice distributive et du respect de la nature. Ce sont là des valeurs nées en Europe à défaut d'être encore, de nos jours, exclusivement européennes, mais elles butent sur le fait, selon l'auteur, que la population n'en a pas subjectivement pris conscience, ce qui fait que, de nos jours, « les pays européens sont bien plus conscients de leurs dissemblances que de leurs ressemblances ».

(MT)

*** MICHEL GRUNEWALD, HANS-JÜRGEN LÜSEBRINK, REINER MARCOWITZ, UWE PUSCHNER (sous la dir. de): France-Allemagne au XXe siècle - La production de savoir / Deutschland und Frankreich im 20. Jahrhundert - Akademische wissensproduktion über das andere Land (Bd. 1). Volume 1: questions méthodologiques et épistémologiques / Band 1: Methodische und epîstemologische Probleme. Peter Lang (1, Moosstrasse, Postfach 350, CH-2542 Pieterlen. Tél.: (41-32) 3761717 - fax: 3761727 - Courriel: info@peterlang.com - Internet: http://www.peterlang.com ). Collection "Convergences", n° 64. 2011, 317 p., 55,40 €. ISBN 978-3-0343-1028-4.

La perception de l'Autre produite par les universitaires allemands et français repose depuis plus d'un siècle sur des matrices quasiment identiques, même pendant les périodes de tensions franco-allemandes. C'est ce qui ressort d'un programme de recherche interuniversitaire et des recherches effectuées en prévision d'un colloque qui s'est déroulé à l'Université Paul Verlaine de Metz dont cet ouvrage rend compte. Dans un premier chapitre, les disciplines qui ont vocation à s'intéresser à l'Autre sont situées dans un cadre historique, cette entrée en matière étant ponctuée par l'évocation des questions relatives à « l'histoire croisée ». Ayant pour objet les conditions et les cadres de la production du savoir sur l'Autre, le deuxième chapitre met en lumière les spécificités propres aux universitaires par rapport aux « intellectuel », attirant également l'attention sur les particularités propres au fonctionnement des réseaux et au rôle des médiateurs. Le troisième chapitre est enfin dédié aux problèmes méthodologiques relatifs à la production du savoir sur l'Autre, ce qui est bien sûr de nature à intéresser au-delà du cas spécifique de l'Allemagne et de la France.

(PBo)

*** MONIKA DE FRANTZ: Capital City Cultures. Reconstructing Contemporary Europe in Vienna and Berlin. Presses Interuniversitaires Européennes / Peter Lang (1, av. Maurice, B-1050 Bruxelles. Tél.: (41-32) 3761717 - fax: 3761727 - Courriel: info@peterlang.com - Internet: http://www.peterlang.com ). Collection "Multiples Europes", n° 45. 2011, 269 p., 36,90 €. ISBN 978-90-5201-739-6.

Prolongement enrichi et mis à jour d'une thèse de doctorat soutenue en 2004 à l'Institut universitaire européen de Florence, cet ouvrage nous plonge dans la manière dont deux capitales, Berlin et Vienne, évoluent culturellement afin d'apporter des réponses à la mondialisation. Politologue spécialiste de l'espace social, Monika De Frantz y recherche sur le terrain local la manière dont les États européens contemporains apportent des réponses politiques et culturelles à celle-ci en étudiant spécifiquement deux projets, le quartier des musées à Vienne et le Forum Humboldt sur les lieux où se trouvait l'ancien Palais de la République sur la Schlossplatz à Berlin. De la sorte, l'auteur prolonge une ancienne tradition de pensée urbaine associant les villes avec espace public et creuset de transformations sociétales. Il va de soi que les enseignements qu'elle tire de ce travail dépassent les deux villes concernées…

(PBo)

*** MARTIN JUNGWIRTH: Environmental Management Systems in Local Public Authorities. A Comparative Study of the Introduction and Implementation of EMAS in the United Kingdom and Germany. Peter Lang (voir coordonnées supra). Collection « Contemporary Problems of Modern Societies », n° 5. 2011, 264 p., 41,90 €. ISBN 978-3-631-59531-2.

Fruit d'une longue recherche visant à voir de quelle manière les idées politiques au niveau européen peuvent influencer le terrain local, ce livre analyse de façon approfondie l'application dans les administrations publiques locales d'Allemagne et de Grande-Bretagne de la norme européenne de gestion environnementale EMAS - pour « Eco-Management and Audit Scheme ». Le but poursuivi par l'auteur est bien sûr d'envisager, sur la base des constats ainsi opérés, de quelle manière cet instrument devrait être aménagé afin de renforcer et rendre plus performante cette réglementation européenne. Le chercheur fait apparaître, en effet, qu'EMAS est le cas typique d'un instrument politique innovant, volontaire et flexible dont la mise en œuvre imparfaite au plan national/régional peut conduire à des dévoiements sur le terrain, sa bonne utilisation étant directement tributaire de la qualité des personnes chargées de s'en servir.

(PBo)

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