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Bulletin Quotidien Europe N° 10715
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) commerce

Chine, De Gucht privilégie la coopération

Strasbourg, 22/10/2012 (Agence Europe) - Le commissaire au Commerce veut jouer la fermeté vis-à vis des pratiques déloyales chinoises mais entend éviter une guerre commerciale.

L'UE ne reculera pas dans la protection de son industrie face à la concurrence chinoise lorsqu'elle s'avère déloyale, mais l'intérêt mutuel permettra d'éviter une guerre commerciale dommageable, explique le commissaire Karel De Gucht dans un entretien à l'agence Reuters dimanche 21 octobre.

Les litiges commerciaux avec Beijing ont pris de l'ampleur avec le lancement par la Commission début septembre d'une enquête antidumping visant les panneaux solaires chinois et leurs composants photovoltaïques, l'exécutif européen entendant réparer, s'il s'avère réel, un préjudice de taille, puisque les exportations chinoises de ces produits ont atteint 21 milliards d'euros en 2011 (EUROPE n° 10683).

Si elle a par ailleurs reporté sa décision de lancer des enquêtes antidumping et antisubventions contre les équipementiers chinois de télécommunications ZTE et Huawei, la Commission continue sa recherche de preuves (EUROPE n° 10798). Dans un mouvement visant à durcir la capacité de riposte européenne contre les pratiques déloyales de pays émergents qui adossent leur développent économique à du capitalisme d'État, M. De Gucht avait proposé en mai que la Commission puisse, dans le cadre d'un arsenal de défense commerciale plus moderne, porter plainte de sa propre initiative en lieu et place d'entreprises exposées au risque de représailles lorsqu'elles opèrent dans des pays tiers dont les entreprises nationales verraient leurs produits visés par des mesures antidumping. Une initiative contre ZTE et Huawei en deviendrait le premier exemple.

« Nous n'allons pas reculer devant ce que nous avons à faire », promet M. De Gucht. « Mais nous ne sommes pas intéressés par une escalade des tensions. Je crois que les Chinois aussi se rendent compte que cela doit être maintenu dans des limites », tempère-t-il. Pour ces deux litiges de grande ampleur, le commissaire veut trouver des solutions. « Imaginez une multiplication des problèmes entre l'UE et la Chine. Les deux parties ont conscience que ce serait une très mauvaise chose pour toute l'économie mondiale », ajoute-t-il.

Enfin, alors qu'un accord de libre-échange entre l'UE et la Chine est peu probable, même à moyen terme, les deux partenaires poursuivent leurs négociations pour un accord sur l'investissement, auquel la Chine était au départ très réticente. « Cet accord est d'un intérêt primordial pour nous », réaffirme M. De Gucht, assurant que Beijing « est beaucoup plus disposé que par le passé à mettre ce sujet sensible sur la table des négociations ». « Cela ne signifie pas que la Chine est un partenaire facile, mais les Chinois se rendent compte qu'ils doivent s'engager », conclut le commissaire au Commerce. (EH)

 

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