Bruxelles, 22/10/2012 (Agence Europe) - Nouveau camouflet pour les travaux scientifiques du professeur Gilles-Eric Séralini. De l'avis des autorités compétentes françaises, l'étude sur la toxicité pour les rats du maïs transgénique NK 603 et de l'herbicide total Round Up de Monsanto, publiée le 19 septembre, ne sont pas de nature à remettre en cause les précédentes évaluations scientifiques, a indiqué, lundi 22 octobre, le gouvernement français. De quoi apporter de l'eau au moulin de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) qui, le 4 octobre, avait rejeté, dans un avis préliminaire, la validité de la publication de Séralini et al. en pointant du doigt des erreurs de conception, de méthodologie et d'analyse (EUROPE n° 10703 ). Pour autant, la France maintiendra son moratoire sur la culture des OGM pourtant autorisés dans l'UE car c'est une remise à plat de l'ensemble du système européen d'évaluation, d'autorisation et de contrôle des OGM et des pesticides que demande Paris.
Les avis rendus par l'Agence Nationale de Sécurité Sanitaire (ANSES) et le Haut Conseil des Biotechnologies (HCB) sur la validité et les conséquences à tirer de l'étude Séralini « convergent avec ceux des autorités d'évaluation allemande et néerlandaise. Ils concluent que les résultats de l'étude ne sont pas de nature à remettre en cause les précédentes évaluations sanitaires de ces produits en raison de biais importants dans le protocole et dans l'analyse des données. Sur cette base, il n'y a donc pas lieu de revenir sur les autorisations accordées au maïs NK603 et à l'herbicide Roundup », précise un communiqué conjoint des quatre ministères concernés.
En revanche le gouvernement français fait sienne la proposition formulée par l'ANSES de renforcer les études sur les effets à long terme de la consommation des OGM et des pesticides, qui doivent intégrer ces thèmes au niveau national et de l'UE. Aussi le Premier ministre a-t-il demandé « au ministre de l'Agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt, à la ministre de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie et au ministre délégué chargé de la Consommation de porter au niveau européen la demande du gouvernement d'une remise à plat du dispositif communautaire d'évaluation, d'autorisation et de contrôle des OGM et des pesticides », ajoute le communiqué. Dans ce contexte, Paris réaffirme la détermination du gouvernement français de maintenir dans l'hexagone le moratoire sur les OGM autorisés à la culture dans l'UE.
Les informations additionnelles sur l'étude Séralini et al. demandées par l'EFSA aux co-auteurs de la publication n'ont pas été fournis car le scientifique a mis comme condition préalable, la publication par l'EFSA de tous les éléments scientifiques fondant ses décisions d'autorisation des OGM (EUROPE n° 10693). L'EFSA pour sa part rétorque que, « sur demande, ces éléments sont rendus publics, car il n'y a de secret que sur la séquence du gène », selon Catherine Geslain-Lanéelle, directrice exécutive de l'EFSA qui, le 12 octobre, répondait aux questions d'un petit groupe de journalistes à Bruxelles. (AN)