Bruxelles, 12/09/2012 (Agence Europe) - Le ministre délégué aux Affaires étrangères du Maroc, Youssef Amrani a constaté une évolution dans le soutien financier de l'UE en direction de la Méditerranée. « Autrefois, près de deux tiers des aides européennes allaient vers le sud de la Méditerranée et un tiers vers les pays d'Europe de l'Est. Aujourd'hui, la répartition tend vers les 50-50 », a-t-il déclaré. Dans une interview à un hebdomadaire africaniste français, l'ancien secrétaire général de l'Union pour la Méditerranée (UpM) note ainsi que « l'UE a commencé à revoir sa politique de voisinage ». Il en appelle cependant à l'effort des Maghrébins eux-mêmes pour demeurer attractifs. Deux voies, à son avis, sont possibles: l'intégration des trois pays de la Méditerranée occidentale (UMA: Maroc, Algérie et Tunisie) et l'UpM.
Un sommet maghrébin en préparation. M. Amrani affirme que les différends avec le voisin algérien sont en voie d'être dépassés. Il énonce trois chantiers prioritaires: « la libre circulation des capitaux et des hommes, la mise en place d'une zone de libre-échange et la création d'instruments juridiques et financiers pour accompagner les investissements ». Et d'ajouter: « À nous d'accélérer la relance de l'UMA pour proposer à nos partenaires européens une zone attractive où ils pourront négocier de bloc à bloc. Il est aussi de leur intérêt de nous aider à nous développer pour juguler la pression migratoire et bénéficier de notre croissance. »
Sur l'UpM, M. Amrani, relativise son piétinement depuis son lancement en novembre 2008 jusqu'à mars dernier où elle a pleinement repris ses activités et ses projets. Selon lui, « les blocages politiques ont retardé sa mise en œuvre, mais aujourd'hui les Européens ont tout intérêt à relancer le processus: les pays du sud de la Méditerranée représentent un marché potentiel de 130 millions d'habitants, avec des économies qui continuent d'enregistrer des taux de croissance soutenus ». Et enfin: « L'UPM doit en revanche se consacrer aux grands chantiers d'intégration, comme l'autoroute du Maghreb ou les échanges universitaires, et laisser les questions politiques à des structures plus appropriées. » (FB)