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Bulletin Quotidien Europe N° 10687
PLÉNIÈRE DU PE / (ae) État de l'union

M. Barroso plaide pour une Fédération d'États-nations

Bruxelles, 12/09/2012 (Agence Europe) - Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a défendu, mercredi 12 septembre, une Europe qui prendrait la forme d'une fédération d'États-nations. « L'UE doit évoluer et n'ayons pas peur des mots, nous avons besoin d'aller vers une fédération des États nations », a-t-il expliqué devant les eurodéputés, précisant que la création de cette fédération nécessite, « à long terme, un nouveau traité ». Selon lui, les citoyens européens doivent être davantage impliqués, pour rendre plus démocratique le processus en cours. « Nous avons besoin d'un débat avec les citoyens européens », a-t-il souligné. « L'Europe doit être démocratique voila pourquoi les élections en 2014 (du Parlement européen) auront un rôle décisif », a encore expliqué M. Barroso, précisant que la Commission se propose de présenter une esquisse de l'avenir de l'UE avant les élections, « à temps pour avoir un vrai débat européen ». Et d'appeler à une 'européanisation' des partis politiques.

Pour le vice-président des Verts/ALE, Daniel Cohn Bendit, la fédéralisation est « une nécessité ». « Il faut une Europe post-nationale, pas seulement une fédération des États » a-t-il expliqué, soulignant la nécessité d'un vrai budget pour l'Europe et d'un fonds d'amortissement pour les populations en difficulté, notamment en Grèce. Avec cela, « nous arriverons à faire revenir la majorité des citoyens européens vers l'Europe », a-t-il estimé. Pour Gabi Zimmer (GUE/NGL, allemande), « ce qui est déterminant quand on parle de l'avenir, c'est la question de savoir ce qu'en pensent les Européens, ce qu'ils veulent, comment participer à cet avenir commun ». Elle a appelé à revoir le mode de sortie de crise et plaidé pour l'introduction d'une clause de progrès social et pour une Europe écologique et démocratique. Son homologue de l'ADLE, le Belge Guy Verhofstadt, a estimé que la nature de la crise était « politique », née de l'incapacité politique de faire un bon en avant vers une Union fédérale. Nous avons besoin d'une Union fédérale des citoyens européens et d'une union économique politique et budgétaire, « c'est la que réside la solution » à la crise, a-t-il considéré.

Renforcer l'UEM

Outre une Union plus démocratique et politique, le président de la Commission européenne a appelé au renforcement de l'Union économique et monétaire (UEM), couplé aux réformes au niveau national. Il a annoncé que la Commission présenterait, à l'automne, un plan d'action menant à une UEM renforcée. Ce document identifiera les instruments pour mieux coordonner les politiques menées et aboutir, in fine, à une mutualisation partielle des dettes publiques. « Nous avons besoin d'une véritable gouvernance économique communautaire avec une capacité budgétaire communautaire crédible », a souligné M. Barroso. Dans certains cas, une modification du traité sera nécessaire, notamment si les pays de l'Eurozone envisagent de garantir conjointement et solidairement une partie de leur dette publique. Néanmoins, selon l'ancien Premier ministre portugais, pas besoin de créer de nouvelles institutions pour que le processus amorcé soit efficace et rapide, « le meilleur moyen (étant) de travailler avec et à travers les institutions existantes: la Commission européenne comme autorité européenne indépendante supervisée par le Parlement ».

M. Barroso a rappelé l'urgence pour l'Europe de retrouver la croissance et gagner en compétitivité, par le biais de réformes structurelles. Il a mis en avant la nécessité d'achever le marché unique, de réduire la dépendance énergétique, de promouvoir la compétitivité dans des secteurs tels que l'énergie, les transports ou les télécommunications, de créer un marché européen du travail, d'explorer la croissance 'verte' ou encore d'être plus ambitieux en matière d'éducation, de recherche et d'innovation. M. Barroso a aussi défendu l'« instrument qui doit servit pour la croissance », à savoir le budget de l'UE pour 2014-2020, qui est « un budget de croissance, de cohésion économique, sociale et territoriale entre les États membres et dans les États membres ». Il a ainsi appelé la Commission, le PE, « toutes les forces européennes », à œuvrer pour défendre le cadre financier pluriannuel.

Réactions. Le président du groupe PPE, le Français Joseph Daul, a appelé à des réformes et non des « réformettes ». Il a prôné un cadre financier pluriannuel « crédible, solide et ambitieux », appelé les responsables politiques à boucler ce dossier d'ici fin 2012 et plaidé l'achèvement urgent du marché unique.

Soulignant que M. Barroso a rendu hommage au modèle social européen, le président du groupe S&D, l'Autrichien Hannes Swoboda, a réclamé un véritable pacte social. « Peu importe aux Européens un pacte budgétaire. (…) Nous avons besoin d'un pacte social pour lutter contre le chômage des jeunes, la pauvreté du 3ème âge, l'exclusion », a-t-il martelé.

Pour Martin Callanan (CRE, britannique), la crise économique se règle à coup de décisions économiques. Or, pour lui, l'Europe est un corset pour les pays les moins compétitifs car elle empêche la dévaluation monétaire. « La solution est que des pays quittent l'euro et nous les soutiendrons », a-t-il commenté. L'eurosceptique Nigel Farage (ELD, britannique) a souhaité quant à lui que « la dictature européenne soit rejetée par la population européenne », espérant que son pays convoque un référendum sur les relations entre Londres et l'UE. (CG)

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